Esclavage en Libye: Tripoli ouvre une enquête

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Samedi, un millier de personnes a manifesté à Paris pour dénoncer les cas d'esclavage en Libye.

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Agence France-Presse
Tripoli

Le gouvernement libyen d'union nationale (GNA), évoquant des actes «inhumains», a affirmé dimanche qu'une enquête avait été ouverte sur des cas d'esclavage près de la capitale Tripoli, à la suite d'un reportage choc de la chaîne CNN.

Le gouvernement suit «avec grande attention les rapports des médias sur l'exploitation des migrants clandestins par des criminels», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué lu devant la presse.

Les faits décrits, qualifiés d'actes «inhumains et contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen», «font l'objet d'une enquête», a-t-on poursuivi.

«Si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies», a promis ce même ministère.

Tout en rappelant «son engagement total et clair» envers la charte des Nations unies ainsi que son attachement aux textes criminalisant le commerce des personnes, Tripoli a toutefois critiqué la position des pays de la région sur le dossier.

«La Libye met en garde (...) contre les solutions internationales superficielles et stériles qui font en réalité obstacle à ses efforts pour endiguer ce phénomène, ouvrant la voie aux réseaux du crime organisé», a argué le ministère des Affaires étrangères.

L'idée d'installer des centres d'accueil en Libye avait été avancée fin août lors d'un mini-sommet à Paris en présence de pays européens, du Niger ou encore du Tchad. Elle avait toutefois été abandonnée du fait de l'insécurité persistante dans le pays.

«Mécontentement»

Plus tôt dimanche, le vice-premier ministre du gouvernement d'union libyen, Ahmed Metig, avait déjà publié un communiqué sur Facebook pour exprimer «son mécontentement» quant à «la réapparition du commerce d'esclaves dans la banlieue de Tripoli».

M. Metig avait indiqué qu'il chargerait «une commission d'enquêter sur ces informations de presse afin d'appréhender et soumettre les responsables à la justice».

Un récent reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye, et largement partagé sur les réseaux sociaux, a provoqué une forte émotion, suscitant des réactions indignées en Afrique et à l'ONU.

On y voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d'une voix mettant aux enchères «des garçons grands et forts pour le travail de ferme. 400... 700...» avant que la journaliste n'explique: «Ces hommes sont vendus pour 1200 dinars libyens - 400 dollars chacun».

Samedi, un millier de personnes a manifesté à Paris pour dénoncer les cas d'esclavage en Libye, selon la préfecture de police.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d'une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l'Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.

Selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 156 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier (contre près de 341 000 durant la même période en 2016), dont 73% en Italie. Près de 3000 sont morts en tentant la traversée.




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