Vol EgyptAir Paris-Le Caire: l'Égypte va rendre les dépouilles aux familles

Les autorités égyptiennes ont toujours privilégié la piste... (PHOTO MOHAMED EL-SHAHED, ARCHIVES AFP)

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Les autorités égyptiennes ont toujours privilégié la piste de l'attentat pour expliquer l'écrasement du vol MS804 et ont annoncé cette semaine avoir retrouvé des traces d'explosifs sur des victimes de l'écrasement.

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Agence France-Presse
LE CAIRE

Après des mois de polémiques, l'Égypte a annoncé samedi qu'elle allait rendre aux familles les dépouilles des victimes de l'écrasement d'un avion d'EgyptAir reliant Paris au Caire, un drame dont les causes restent indéterminées.

Le vol MS804 s'était abîmé le 19 mai en mer Méditerranée, entre la Crète et la côte nord de l'Égypte, après avoir soudainement disparu des écrans radars. Les 66 personnes à bord, dont 40 Égyptiens et 15 Français, avaient été tuées.

Le procureur général égyptien a ordonné la restitution des corps «des victimes égyptiennes et il y a actuellement une coordination avec les ambassades étrangères pour leur remettre les restes des victimes étrangères», a-t-il précisé dans un communiqué.

Depuis des mois, les familles de victimes dénonçaient la lenteur de l'Égypte à rendre les corps.

«Rien ne peut légitimer un tel retard. Les proches des victimes ont l'impression d'être pris en otages dans le jeu diplomatique entre Paris et Le Caire», avait déploré en septembre Me Sébastien Busy, avocat de 22 familles, dont quatre françaises.

Cette semaine, le gouvernement français avait de nouveau pressé Le Caire de rendre les dépouilles à leurs proches.

Cette annonce sur la restitution des corps intervient quelques jours après que la commission d'enquête égyptienne a affirmé avoir retrouvé des traces d'explosifs sur des restes de victimes, une conclusion reçue avec scepticisme en France.

Divergences

Si Le Caire a toujours mis en avant l'hypothèse d'un attentat, les enquêteurs français privilégient la thèse d'un incident technique.

Jeudi, le ministère de l'Aviation égyptien avait indiqué que le procureur général avait été saisi, rappelant que selon la loi égyptienne cette démarche intervient «s'il devient clair aux yeux de la commission d'enquête (sur l'écrasement) qu'il existe des soupçons sur l'origine criminelle de l'accident».

Mais en France, le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile n'avait pas caché son scepticisme.

«En l'absence d'informations détaillées sur les conditions dans lesquelles ont été effectuées les prélèvements et les mesures ayant conduit à la détection de traces d'explosifs, le BEA considère qu'il n'est pas possible à ce stade d'en tirer des conclusions sur l'origine de l'accident», a indiqué à l'AFP une porte-parole.

Le ministère français des Affaires étrangères avait souligné que «l'enquête (allait) se poursuivre afin de déterminer les causes exactes de la disparition de ce vol».

«On est dans la manipulation», avait de son côté dénoncé en France le secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac) Stéphane Gicquel.

«Aucun élément n'accrédite la piste terroriste. Il s'agit d'un chantage de la part des autorités égyptiennes pour faire accréditer cette thèse et protéger la compagnie EgyptAir en rejetant la responsabilité sur Paris», avait-t-il ajouté.

Si la thèse de l'attentat était établie, elle poserait des questions sur comment une bombe aurait pu être embarquée à l'aéroport Charles-de-Gaulle de Paris d'où l'avion avait décollé, estiment des experts égyptiens.

L'appareil avait auparavant effectué des liaisons entre l'Égypte, la Tunisie et l'Érythrée avant le vol fatal, selon le site internet spécialisé FlightRadar24.

En octobre 2015, le groupe djihadiste État islamique avait vite revendiqué un attentat à la bombe contre un avion transportant des touristes russes et qui avait décollé d'une station balnéaire égyptienne. 224 personnes avaient été tuées. L'enquête est toujours en cours.




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