Niger: spectaculaire attaque d'une prison abritant des djihadistes

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En fin de matinée, le corps d'un des assaillants, deux ceintures d'explosifs et trois motos calcinées étaient visibles devant le mur criblé de balles de la prison.

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Boureima Hama
Agence France-Presse
Koutoukalé

Des hommes armés ont lancé lundi à l'aube une spectaculaire attaque contre la prison de Koutoukalé, à 50 km au nord-ouest de Niamey, l'établissement pénitentiaire le mieux gardé du Niger où sont détenus de nombreux djihadistes, avant d'être repoussés par les forces de sécurité.

En fin de matinée, le corps d'un des assaillants, deux ceintures d'explosifs et trois motos calcinées étaient visibles devant le mur criblé de balles de la prison, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette attaque ratée survient après l'enlèvement vendredi d'un travailleur humanitaire américain que ses ravisseurs ont emmené au Mali voisin. Selon le «bilan provisoire» du ministère de l'Intérieur, il y a «deux blessés dans les rangs des gardiens de la prison et un mort chez l'ennemi».

La prison de haute sécurité de Koutoukalé est considérée comme la plus sûre du pays. C'est là que les autorités gardent les détenus les plus dangereux et notamment les éléments djihadistes des groupes sahéliens ou du groupe nigérian Boko Haram.

La prison se trouve dans une zone broussailleuse sans aucun bâtiment aux alentours. Elle est reliée à la route nationale 1 par une piste, volontairement laissée non bitumée et difficilement carrossable, située à quelques kilomètres d'une route nationale Vers 4h (23h dimanche HE), «des terroristes lourdement armés ont attaqué la prison. Ils n'ont pas pu s'en approcher en raison de la fusillade qui a éclaté avec les militaires qui la gardent», a indiqué une source sécuritaire à l'AFP.

Course poursuite

Selon les premiers éléments, les assaillants sont arrivés sur plusieurs motos, mais n'ont pu pénétrer dans l'enceinte.

L'assaillant dont le corps était encore sur place en fin de matinée portait une djellaba grise et avait la tête enturbannée. Il disposait d'une ceinture explosive qui était intacte. Une autre ceinture explosive était aussi visible sur l'une des trois motos calcinées. Sans doute, les ceintures devaient-elles servir à faire exploser les murs ou le portail.

C'est «une preuve du caractère terroriste de l'opération», selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, qui précise: «En nombre indéterminé et lourdement armés (...), les assaillants ont fui et nos Forces sont à leur recherche. Le président de la République a donné des instructions pour que les terroristes soient traqués et rattrapés».

«Une course poursuite s'est ensuite engagée pour tenter d'arrêter les assaillants dont le nombre reste indéterminé», a confié une source sécuritaire à l'AFP.

«Il y a eu un accrochage à Simiri», au nord de Niamey, a poursuivi cette source, en assurant que les opérations étaient «en cours».

Les contrôles à l'entrée de Niamey, déjà habituellement très surveillée, ont été renforcés avec un déploiement militaire exceptionnel, a constaté l'AFP.

Les attaques de prison sont fréquentes dans ce pays sahélien parmi les plus pauvres du monde et qui doit faire face à la fois aux groupes djihadistes sahéliens à l'est et au nord et aux islamistes nigérians de Boko Haram au sud-est.

Le 30 octobre 2014, un groupe armé avait attaqué la prison de Ouallam, à 100 km au nord de Niamey, et libéré plusieurs détenus.

En juin 2013, la prison civile de Niamey avait été attaquée par un «commando armé», tuant au moins deux gardes pénitentiaires et en blessant trois. Les assaillants avaient réussi à exfiltrer 22 «terroristes», dont des combattants de Boko Haram, ainsi que Cheïbane Ould Hama, un «grand criminel» malien, qui était déjà condamné pour l'assassinat de quatre Saoudiens au Niger, près de la frontière malienne, et d'un Américain à Niamey en 2000.

Toute la zone sahélienne du Niger et du Mali est particulièrement instable.

Le 7 octobre, 22 soldats nigériens ont été tués dans un camp de réfugiés maliens à Tazalit, à environ 300 km au nord-est de Niamey, au cours d'une attaque d'hommes armés venus du Mali.

Pour empêcher l'infiltration de groupes armés et faire face à la menace permanente, le Niger, qui fait fréquemment appel aux bailleurs de fonds internationaux, mobilise d'importantes ressources pour ses dépenses militaires. Il accueille des bases militaires française et américaine et une base logistique allemande doit être construite dans les mois qui viennent.

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