Boko Haram diffuse une nouvelle vidéo des «filles de Chibok»

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Une première vidéo des étudiantes de Chibok avait été diffusée par Boko Haram en mai 2014.

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Aminu ABUBAKAR, Stephanie FINDLAY
Agence France-Presse
Kano et Lagos

Boko Haram a diffusé une vidéo de jeunes filles présentées comme des étudiantes enlevées par le groupe jihadiste nigérian en avril 2014 à Chibok, dans le nord-est du Nigeria, et a réclamé la libération de combattants emprisonnés.

Lors d'une conférence de presse organisée à Abuja par le mouvement «Bring Back Our Girls» (BBOG) qui milite pour la libération de ces lycéennes, un père a affirmé avoir reconnu sa fille, Maida Yakubu, enlevée à Chibok, une identification qui devrait être suivie de nombreuses autres.

Abubakar Abdullahi, l'un des porte-parole de BBOG, se dit en effet «certain que ce sont les filles de Chibok». «Nous reconnaissons jusqu'à dix d'entre elles dans la vidéo», a-t-il assuré à l'AFP, préférant toutefois attendre la confirmation du gouvernement nigérian et celle des parents concernés avant de diffuser plus de noms.

Le 14 avril 2014, le kidnapping sans précédent par Boko Haram de 276 adolescentes dans l'école publique pour filles de Chibok avait provoqué une vague d'indignation au Nigeria et dans le monde entier.

Cinquante-sept d'entre elles avaient réussi à s'échapper dans les heures suivant leur enlèvement par le groupe, dont le nom «Boko Haram» signifie «l'éducation occidentale est un péché» en langue haoussa et qui a pour objectif la création d'un État islamique indépendant.

Une première vidéo des étudiantes de Chibok avait été diffusée par Boko Haram en mai 2014.

Dans cette nouvelle vidéo de 11 minutes postée sur YouTube et dont on ignore la date de tournage, un homme au visage masqué lance: «Ils devraient savoir que leurs enfants se trouvent encore entre nos mains».

En tenue militaire, une arme automatique barrant sa poitrine, il se tient debout au milieu d'un groupe de plusieurs dizaines de jeunes filles. Toutes portent des voiles et des abayas (longue robe ample et flottante). Certaines sont assises par terre, d'autres debout à l'arrière-plan.

«Une quarantaine de ces filles ont été mariées conformément à la volonté d'Allah», assure le combattant, ajoutant que «d'autres ont été tuées dans des bombardements aériens».

Sur cette vidéo, une jeune fille s'exprimant dans le dialecte local de Chibok, la voix entrecoupée de sanglots, décrit un bombardement aérien de l'armée nigériane. A l'arrière-plan, des adolescentes s'essuient les yeux pendant son récit, l'une d'elles tenant un bébé dans ses bras. 

«Libérer nos frères» 

L'homme de la vidéo poursuit en exhortant le gouvernement nigérian à libérer des combattants de Boko Haram. «Ils devraient immédiatement libérer nos frères qui sont en détention», réclame-t-il, avertissant que s'il n'accède pas à cette demande, le gouvernement ne pourra jamais secourir les filles de Chibok.

Le ministre nigérian de l'Information Lai Mohammed a affirmé que son gouvernement était «en contact» avec «les auteurs présumés» de cette nouvelle vidéo.

«Comme ce n'est pas la première fois que nous sommes contactés de cette manière, nous voulons être sûrs que ceux avec qui nous sommes en contact sont bien ceux qu'ils prétendent être», dit-il dans un communiqué, ajoutant: «Nous sommes extrêmement prudents car la situation est compliquée par les divisions à la tête de Boko Haram.»

En effet, cette vidéo intervient après celle le 4 août du leader de Boko Haram Abubakar Shekau, qui avait refait surface au lendemain de l'annonce de son remplacement par l'organisation État islamique (EI) par Abou Mosab Al Barnaoui, désigné comme «Wali» (chef). Shekau y niait catégoriquement avoir été remplacé, révélant d'importantes divisions au sein du groupe.

Depuis son allégeance à l'EI en mars 2015, Boko Haram se fait appeler la Province ouest africaine de l'Organisation de l'État Islamique (ISWAP). Mais dimanche, le groupe a utilisé le nom Boko Haram, et non ISWAP comme lors de précédentes vidéos, ce qui laisse penser que la faction de Shekau serait derrière cette vidéo.

Selon des experts, la violence extrême montrée par Boko Haram ces deux dernières années - qui a tué des milliers de personnes dans des mosquées, des marchés et perpétré des kidnappings de femmes et d'enfants -, a rapidement été désapprouvée par des membres de l'EI, laissant entendre que Shekau ne faisait pas l'unanimité.

Boko Haram a subi de nombreux revers militaires depuis l'arrivée au pouvoir du président nigérian Muhammadu Buhari en mai 2015 et sa force de frappe est beaucoup moins importante qu'il y a deux ans.

Reportage de CCTV Africa (en anglais)

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