Bataille serrée dans plusieurs villes aux municipales en Afrique du Sud

Une femme dépose son bulletin de vote à... (PHOTO HERMAN VERWEY, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Une femme dépose son bulletin de vote à Atteridgeville, à l'ouest de Pretoria.

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Pierre DONADIEU
Agence France-Presse
Johannesburg

Le dépouillement se poursuivait au compte-goutte jeudi pour les élections municipales en Afrique du Sud confirmant l'incertitude des résultats dans plusieurs grandes villes où la principale formation d'opposition, la DA, menace la majorité détenue par l'ANC, le parti au pouvoir.

Au niveau national, jeudi en début d'après-midi, deux-tiers des bulletins avaient été dépouillés, plaçant le Congrès National Africain (ANC) en tête avec 53,4% des voix (contre 61,9% en 2011) devant l'Alliance Démocratique (DA) avec 27,7% (contre 24% en 2011).

Depuis le début du dépouillement mercredi soir, l'issue du scrutin reste cependant très incertaine dans trois villes majeures du pays.

À Tshwane, la métropole qui englobe la capitale Pretoria, où près de la moitié des bulletins ont été comptabilisés, la DA est en tête avec 44% des voix contre 41,5% pour l'ANC et plusieurs analystes estiment qu'aucun des deux partis ne remportera la majorité absolue.

«Le simple fait de devoir former une coalition dans la capitale Pretoria serait embarrassant pour l'ANC», estime Daniel Silke, analyste politique indépendant, interrogé par l'AFP.

À Johannesburg, la plus grande ville du pays, seul un tiers des bulletins ont été dépouillés et la DA possède une courte avance sur l'ANC (43% contre 41%).

Enfin à Nelson Mandela Bay, la métropole industrielle qui englobe Port Elizabeth (sud-est), où plus de 75% des votes ont été comptabilisés, la DA possède une marge confortable (49%) sur le parti au pouvoir (37%) et semble bien parti pour ravir la ville à l'ANC.

La DA devrait en outre conserver avec une large majorité absolue la ville du Cap qu'elle détient depuis 2006.

«Nous affichons une progression incroyable», s'est félicité le leader de la DA, Mmusi Maimane, sur la radio sud-africaine 702. «C'est l'élection du changement, c'est un référendum sur le futur de l'Afrique du Sud», a-t-il poursuivi.

Ces tendances sont à prendre avec prudence, compte tenu du nombre de bulletins qu'il reste à dépouiller dans les grandes villes.

Depuis la clôture des bureaux de vote mercredi soir, les résultats sont transmis circonscription par circonscription par la Commission électorale et devraient continuer d'évoluer tout au long de la journée de jeudi.

Si la suprématie de l'ANC n'est pas menacée dans la plupart des métropoles du pays, la perte d'une ou plusieurs grandes villes fragiliserait assurément le parti au pouvoir.

«La moindre perte de terrain de l'ANC dans les urnes va créer de l'inquiétude au sein du parti», assure Daniel Silke.

«Notre démocratie mûrit, donc il va y avoir (...) une dispersion et pas forcément un fort soutien derrière un seul parti», a tenté d'expliquer jeudi le trésorier de l'ANC, Zweli Mkhize qui reste cependant «plutôt positif» quant à l'issue du scrutin.

Coalitions en vue

Dans plusieurs grandes villes, il se pourrait qu'aucun parti ne parvienne à dépasser la barre des 50% ce qui ouvrirait la porte à des coalitions.

Le parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF) qui obtient pour l'instant autour de 10% des voix à Tshwane ou Johannesburg pourrait jouer le rôle de faiseur de roi.

Créé en 2013, l'EFF participe à ses premières élections municipales et son leader, le populiste Julius Malema, a déjà laissé entendre qu'il pourrait faire alliance avec d'autres partis pour priver l'ANC du pouvoir.

Un recul de l'ANC dans les urnes serait un coup dur pour le président Jacob Zuma dans la perspective des élections générales de 2019.

Depuis sa réélection en mai 2014, les nuages s'amoncellent au-dessus de lui, entre crise économique et scandales.

Récemment, il a été contraint par la justice à rembourser d'ici mi-septembre 500.000 dollars d'argent public utilisés pour rénover sa résidence privée, et des poursuites pour corruption dans une affaire de contrat d'armement pourraient être rouvertes contre lui.

Et la croissance moribonde - 0% prévus pour 2016 - rend difficile les promesses de campagnes concernant la baisse d'un taux de chômage record (26,7%).

Le scrutin de mercredi, où 26 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, s'est déroulé sans incident majeur, selon la Commission électorale.

Le dépouillement ne devrait pas s'achever avant vendredi.

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