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Centrafrique: nouvelles «allégations troublantes» de violences sexuelles par des soldats français et de l'ONU

Selon un rapport de l'ONG AIDS-Free World, trois... (PHOTO ERIC FEFERBERG, ARCHIVES AFP)

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Selon un rapport de l'ONG AIDS-Free World, trois jeunes filles ont affirmé à un officier des Nations unies qu'en 2014, elles avaient été déshabillées et attachées par un militaire de Sangaris à l'intérieur d'un camp et auraient été forcées d'avoir des relations sexuelles avec un chien. Chacune a ensuite reçu de l'argent, selon l'ONG.

PHOTO ERIC FEFERBERG, ARCHIVES AFP

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Agence France-Presse
GENÈVE

L'ONU a ouvert une enquête sur de nouvelles allégations «extrêmement troublantes» de violences sexuelles, y compris de bestialité, exercées en Centrafrique par des soldats de la force française Sangaris et de l'ONU.

Le Haut-commissaire aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein a qualifié jeudi à Genève de «révoltantes» ces allégations et a déclaré «qu'aucun effort ne doit être ménagé» dans l'enquête des Nations Unies.

Les autorités françaises ont été informées qu'une équipe de l'ONU avait reçu des rapports faisant état de soldats français de Sangaris qui auraient forcé des jeunes filles à avoir des rapports sexuels avec des animaux en échange d'une somme d'argent, a indiqué à l'AFP un responsable de l'ONU à New York.

«Nous avons reçu des rapports sur des cas de bestialité impliquant des soldats français, mais à ce stade nous n'avons pas de confirmation», a-t-il ajouté.

«Le nombre exact et la nature de ces allégations extrêmement troublantes restent à déterminer», a précisé un communiqué de l'ONU.

Le Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU déclare prendre «ces allégations, dont certaines sont particulièrement odieuses, extrêmement au sérieux». «Il est essentiel que les victimes soient protégées et reçoivent tous les soins nécessaires», a-t-il ajouté.

La plupart des allégations concernent les contingents burundais et gabonais de la mission de l'ONU en Centrafrique (MINUSCA) présents dans la région de Kémo entre 2013 et 2015, ainsi que la force française distincte Sangaris qui était aussi stationnée sur place au cours de cette période.

Les autorités des trois pays concernés ont été formellement informées des accusations portées contre leurs troupes.

«Les États auxquels appartiennent ces troupes doivent mettre un terme aux abus, punir leurs auteurs par des peines appropriées et empêcher d'autres violations», a encore indiqué M. Zeid.

Selon lui, «le renvoi chez eux des soldats constitue une réponse tout à fait inadéquate à des actes tels que le viol de mineurs».

Selon le communiqué de l'ONU à New York, des soldats burundais et gabonais ont été confinés dans leurs casernements durant les enquêtes. Une équipe de l'ONU a été envoyée sur place pour des entretiens avec les victimes et pour recueillir des informations.

Selon un rapport de l'ONG AIDS-Free World, trois jeunes filles ont affirmé à un officier des Nations unies qu'en 2014, elles avaient été déshabillées et attachées par un militaire de Sangaris à l'intérieur d'un camp et auraient été forcées d'avoir des relations sexuelles avec un chien. Chacune a ensuite reçu de l'argent, selon l'ONG.

Plus de 25 cas d'abus ou d'exploitation sexuels ont été rapportés par l'ONU depuis le début de l'année.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devait entendre jeudi à huis clos un rapport sur les dernières allégations de violences sexuelles.

Le Conseil a adopté le 11 mars une résolution, proposée par les États-Unis, qui prévoit de rapatrier des contingents entiers de Casques bleus en cas de soupçon d'abus sexuels ou d'exploitation sexuelle.

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