L'hélicoptère maison d'un rêveur malawite

Si l'hélicoptère semble fonctionner, pas question pour autant... (PHOTO AMOS GUMULIRA, AFP)

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Si l'hélicoptère semble fonctionner, pas question pour autant de quitter le petit garage avant d'avoir les autorisations officielles.

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Amos GUMULIRA
Agence France-Presse
GOBEDE, Malawi

L'engin n'a encore jamais décollé et pourrait bien se transformer en piège mortel, mais Felix Kambwiri en est convaincu: l'hélicoptère qu'il a conçu dans son garage, suscitant la curiosité des habitants de son village du nord du Malawi, est capable de voler.

Enfant, ce soudeur de 45 ans était fasciné par les hélicoptères du président d'alors, Hastings Kamuzu Banda, qui survolaient les villages pour inspecter les plantations de maïs.

Après quatre mois de travaux, il a presque accompli son rêve, construire son propre hélicoptère.

«Je voudrais juste voler cinq minutes, pour montrer que je suis sérieux, que ce n'est pas une blague. Cet hélicoptère peut voler», assure-t-il à l'AFP, depuis son atelier de fortune à Gobede, un village à 90 kilomètres au nord de la capitale Lilongwe.

Pourtant, il n'y a pas de quoi être rassuré lorsque le pilote monte dans son engin monoplace. Fabriqué avec des métaux et du verre de récupération, l'hélicoptère tremble lorsque Felix Kambwiri démarre le moteur d'occasion d'une moto qu'il a installé sur l'appareil.

La carlingue se secoue à mesure que les pales bringuebalantes tournent et manquent de toucher le plafond du garage.

Si l'hélicoptère semble fonctionner, pas question pour autant de quitter le petit garage avant d'avoir les autorisations officielles.

«La police vient régulièrement pour voir l'avancée des travaux et s'assurer que je ne vole pas sans permission», explique Felix Kambwiri.

«Je peux comprendre leurs inquiétudes au sujet de ma sécurité et de celle des personnes qui pourraient venir par centaines le jour où je vais décoller», ajoute-t-il, précisant qu'il ne veut prendre «aucun risque».

Un hélico à 350 $

Avant de construire son hélicoptère, Felix Kambwiri a longtemps cherché en vain des plans de construction. Il a finalement décidé d'improviser en s'inspirant notamment des engins des films de guerre qu'il aime regarder.

L'appareil rouge et blanc, aux fenêtres en plastique et à la queue aux couleurs du Malawi, lui a seulement coûté 350 $, selon son créateur.

Et tous les jours, des curieux se pressent devant son atelier.

«Certains disent que je suis devenu fou et que cet hélicoptère va me tuer ou qu'il ne pourra pas voler, car je n'ai pas fait d'études», regrette celui qui a quitté l'école à 16 ans.

«Même si je n'ai pas été très loin à l'école, j'ai fait de mon mieux. Je veux montrer au monde que nous, les Malawites, pouvons faire quelque chose et que nous sommes intelligents», poursuit-il.

Les écoliers du village accourent devant l'atelier pour voir Felix Kambwiri peaufiner le câblage de l'appareil en compagnie de son assistant, électricien.

Et si l'épouse de ce père de sept enfants n'est pas forcément rassurée à l'idée de voir son mari s'envoler dans cet engin, elle assure le soutenir pleinement.

«J'avais peur quand j'entendais que mon mari fabriquait un hélicoptère, car il ne l'avait jamais fait avant. Mais j'ai fini par l'accepter, car tout est possible grâce à Dieu», assure Annes Kambwiri.

Le pilote espère s'envoler pour la première fois en juin, avant d'exposer son hélicoptère. Pour prouver au monde entier que les miracles existent.

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