Boko Haram multiplie les attentats au Cameroun

Une femme blessée lors des attentats suicides perpétrés... (PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Une femme blessée lors des attentats suicides perpétrés par Boko Haram à Mora, au Cameroun, est évacuée par des secouristes. L'attaque, survenue le 28 janvier dernier, a fait quatre morts.

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Le nombre d'attentats commis par Boko Haram est en hausse depuis le début de l'année, au Cameroun. En janvier et février, plus de 400 personnes ont été victimes d'attaques menées par le groupe terroriste venu du Nigeria voisin. Quatre mots pour comprendre.

RECUL

Le territoire contrôlé par Boko Haram dans le nord du Nigeria régresse depuis l'automne. C'est ce recul qui contraint ces djihadistes revendiquant leur affiliation au groupe armé État islamique à se replier sur le Cameroun voisin, estime le professeur Cédric Jourde de l'Université d'Ottawa. Il constate d'ailleurs une augmentation de l'activité de Boko Haram dans l'extrême nord du Cameroun. Cédric Jourde considère comme un signe d'affaiblissement supplémentaire le fait que la formation terroriste «doive se résoudre à faire commettre des attentats par des petites filles, des enfants» dans des lieux publics. «Ça fait beaucoup de dégâts, mais est-ce que ça témoigne d'une organisation puissante ? Probablement pas.»

BUTIN

«C'est principalement pour s'approvisionner, pour piller de la nourriture, pour racketter les villageois» que Boko Haram s'aventure au Cameroun, avance William Assanvo, chercheur à l'Institut d'études de sécurité, établi à Dakar, au Sénégal, qui note que ces «incursions» sont en hausse. «Ces tentatives d'infiltration, les accrochages [avec les militaires], c'est presque quotidien dans les zones frontalières.» Cédric Jourde considère aussi que ces opérations «hit and run» sont motivées par des besoins alimentaires. «Il n'y a pas vraiment de revendication» de Boko Haram au Cameroun, constate-t-il, alors que les autorités politiques et religieuses ont toujours été traditionnellement ciblées par le groupe, au Nigeria. «On est beaucoup moins dans une logique antiétatique.»

PRESSION

Si Boko Haram perd du territoire au Nigeria, c'est notamment parce qu'il est davantage sous pression depuis l'élection, en 2015, d'un nouveau président, avance Cédric Jourde. «L'armée nigériane fait un travail beaucoup plus efficace depuis que [Muhammadu] Buhari est au pouvoir». William Assanvo rappelle que l'offensive militaire nigériane avait été lancée avant que le président Buhari n'entre en poste, mais reconnaît que «son arrivée a impulsé une nouvelle dynamique». La mise sur pied d'une force militaire multinationale, à laquelle participent le Bénin, le Tchad, le Niger, le Cameroun et le Nigeria, et le soutien que lui apportent l'armée américaine et les services de renseignement français ont aussi contribué à accentuer la pression sur Boko Haram.

ETHNIE

L'intérêt de Boko Haram pour le Cameroun s'expliquerait aussi par des raisons ethniques. Les combattants du groupe terroriste sont majoritairement des Kanouri, ethnie qui est également présente dans le nord du Cameroun, ainsi qu'au Tchad et au Niger, mais pas au Bénin. «Pour s'inscrire dans une certaine durée, explique Cédric Jourde, il faut s'appuyer sur les ou des populations locales, et ce n'est pas du tout [possible] dans l'ouest du Nigeria.» À la composante ethnique s'ajoute une composante géographique, ajoute William Assanvo : Boko Haram a choisi pour refuge les monts Mandara, un massif volcanique situé à la frontière du Nigeria et du Cameroun, ainsi que l'impénétrable et immense forêt de Sambisa, non loin de là, ce qui facilite ses allées et venues entre les deux pays.

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