Malawi: une foule brûle vives sept personnes soupçonnées de sorcellerie

Samuel Mluge, au centre, est albinos et se... (Photo Guillaume Bonn, archives The New York Times)

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Samuel Mluge, au centre, est albinos et se sent continuellement menacé. Il circule ici en Tanzanie où, tout comme au Malawi, des albinos sont tués pour marchander des parties de leurs corps. En 2008, année où la photo a été prise, 19 albinos ont été tués en Tanzanie.

Photo Guillaume Bonn, archives The New York Times

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Agence France-Presse
BLANTYRE

Une foule a brûlé vives au Malawi sept personnes soupçonnées de trafic d'os humains, souvent utilisés dans des pratiques de sorcellerie, a déclaré mercredi la police.

Les victimes «ont été trouvées en possession d'os humains et la foule a décidé de les brûler» avec de l'essence, mardi, dans le district de Nsanje, dans le sud du Malawi, a expliqué à l'AFP un responsable de la police, Kirdy Kaunga.

Selon un chef local, Tengani (un seul nom, NDLR), des villageois ont commencé à avoir des soupçons en observant les faits et gestes de l'une des sept personnes qui portait un sac contenant des os.

«L'homme a été poursuivi et arrêté», a expliqué Tengani à l'AFP. «Il aurait confirmé que son sac contenait des os humains et c'est à ce moment-là que la foule a commencé à se rassembler et à brûler un par un» les sept personnes soupçonnées.

La police n'a procédé à aucune arrestation. Elle a remis les corps à la morgue d'un hôpital local, où ils attendaient d'être identifiés par des proches.

La police a ouvert une enquête pour «déterminer l'origine des os et s'ils appartenaient à un albinos», a précisé à l'AFP le porte-parole de la police dans la région, James Kadazera, alors que le Malawi connaît une recrudescence des assassinats et enlèvements d'albinos.

«Nous devons aussi savoir qui a brûlé ces gens et pourquoi ils se sont fait justice eux-mêmes», a-t-il ajouté, précisant que certaines victimes étaient «complètement défigurées».

Depuis le début des attaques en 2015, six albinos ont été tués, selon les autorités malawites, et neuf selon l'ONU. Une dizaine de personnes soupçonnées d'assassinat, d'enlèvement ou de trafic d'os humains ont également été arrêtées depuis décembre dans ce petit pays pauvre d'Afrique australe.

«Il y a constamment des exhumations de corps d'albinos pour leur os», ont précisé les autorités locales.

Le Malawi a lancé une enquête pour déterminer les raisons des meurtres d'albinos, mais les résultats n'ont pas encore été communiqués.

Dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne, les membres et os d'albinos sont utilisés pour des rituels censés apporter richesse et pouvoir.

L'albinisme, maladie génétique héréditaire qui se traduit par une absence de pigmentation dans la peau, le système pileux et l'iris des yeux, touche environ une personne sur 1200 au Malawi.

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