Le chef rebelle angolais Jonas Savimbi poursuit  Call of Duty

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Jonas Savimbi photographié en décembre 1985 à Jamba, dans le sud-est de l'Angola.

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Agence France-Presse
NANTERRE, France

Un jeu vidéo peut-il porter atteinte à l'honneur d'une personnalité historique et de sa famille? Les proches de l'ancien chef rebelle angolais Jonas Savimbi ont saisi la justice française estimant qu'il apparaît comme un «barbare» dans le jeu à succès Call of Duty.

Jonas Savimbi dans le célèbre jeu de guerre.... (MAGE TIRÉE DE CALL OF DUTY, BLACK OPS II) - image 1.0

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Jonas Savimbi dans le célèbre jeu de guerre.

MAGE TIRÉE DE CALL OF DUTY, BLACK OPS II

La filiale française de l'éditeur américain du jeu de guerre, Activision Blizzard, est poursuivie pour «diffamation» devant le tribunal de Nanterre, près de Paris. Une première en France pour un jeu vidéo, selon les avocats des parties.

Trois des enfants Savimbi réclament un million d'euros (1,55 million de dollars) de dommages et intérêts et le retrait de la version incriminée. Les juges examineront l'affaire le 3 février.

Seigneur de guerre charismatique et controversé, Jonas Savimbi a dirigé d'une main de fer les rebelles de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), lors de la guerre civile qui a déchiré le pays à partir de son indépendance en 1975.

Fils d'un pasteur protestant, de formation maoïste mais longtemps allié des États-Unis contre le régime procommuniste du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), il était presque toujours vêtu de son uniforme, revolver à la hanche. Sa mort en 2002 avait mis un terme à 27 ans de conflit, permettant la signature d'un cessez-le-feu.

Plus de dix ans après, ses enfants, alertés par les réseaux sociaux, le reconnaissent, en allié du héros de Call of Duty, Black Ops II, et dans son propre rôle de chef de guerre. Savimbi, béret rouge et tenue militaire, apparaît haranguant ses troupes depuis un char, et criant notamment: «Il faut les achever!».

Pour la famille, cette mise en scène «outrancière» ne correspond pas à sa personnalité de «leader politique» et de «stratège». «Chef de guerre, oui», mais pas seulement: «il a été un personnage important de la Guerre froide, il a fait partie de l'échiquier mondial, il était défendu par les grands de ce monde, il a été ami de Mandela», insiste l'avocate des Savimbi, Carole Enfert.

L'éditeur du jeu estime de son côté l'avoir représenté «pour ce qu'il était»: «un personnage de l'histoire angolaise, un chef de guérilla qui combat le MPLA», argumente l'avocat d'Activision Étienne Kowalski, d'autant que le jeu le montre sous un jour «plutôt favorable», en «gentil qui vient en aide au héros.»

D'autres figures politiques ont fait une apparition dans Call of Duty: Fidel Castro et John F. Kennedy y ont déjà été mis en scène tout comme l'ex-dictateur du Panama Manuel Noriega, 80 ans et actuellement en prison.

Ce dernier avait lui aussi porté plainte en 2014 aux États-Unis, mais elle avait été rejetée.

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