En Ouganda, le pape François salue l'ouverture du pays aux migrants

Le pape François a rencontré le président ougandais... (PhotoStefano Rellandini, AP)

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Le pape François a rencontré le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni et sa femme Janet au palais présidentiel, à Entebbe, Uganda, vendredi.

PhotoStefano Rellandini, AP

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Jean-Louis DE LA VAISSIERE
Agence France-Presse
MUNYONGYO

Le pape François a reçu un accueil très chaleureux vendredi en Ouganda, deuxième étape de sa tournée africaine, où il a rendu hommage à un pays hospitalier aux migrants et persistant dans sa foi, y compris dans les périodes de « ténèbres ».

Dans le tourbillon des danses tribales effrénées, au milieu des hululements et des chants, ou au son des trompettes de bois, les agwaras, le pape argentin a été accueilli en héros dès l'aéroport, le long des routes et au sanctuaire de Munyonyo, près de Kampala - qui honore les jeunes martyrs de l'Ouganda, brûlés vifs au XIXe siècle sur ordre du roi local et canonisés en 1969.

Des dizaines de milliers de fidèles souvent très jeunes, étaient massés sur les talus dans la nuit pour l'apercevoir. Quelque 47 % des Ougandais (soit plus de 17 millions) sont catholiques.

Au sanctuaire, François a appelé des milliers de catéchistes catholiques à être « des témoins plutôt que des professeurs » et à croire que « les ténèbres ne prévalent pas sur la lumière ».

Avec un anglican et un orthodoxe, il a arrosé sept « arbustes de l'unité » inter-confessionnelle.

Auparavant, devant le président Yoweri Museveni - au pouvoir depuis près de 30 ans - au palais présidentiel d'Entebbe, le pape a salué la façon « extraordinaire » dont l'Ouganda a accueilli les réfugiés, aujourd'hui estimés à 500 000, ayant essentiellement fui les conflits en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan du Sud et en Somalie.

Le traitement réservé aux migrants dans le monde met à l'épreuve « notre humanité », a considéré gravement François.

Le pape a reçu au palais d'Entebbe le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, accompagné d'une délégation.

Fléaux du tribalisme et de la corruption

Agnes Mubuya, 55 ans, un badge du pape épinglé sur sa robe, espérait que François parlerait de corruption, un cancer en Ouganda. Et « il doit parler à Museveni, si un pape peut démissionner (comme Benoit XVI, le prédécesseur de François) pourquoi pas un président? »

Le pape a répondu au premier voeu en rappelant aux dirigeants ougandais qu'ils « sont chargés de garantir une gouvernance bonne et transparente (...) ainsi qu'une juste et sage répartition des biens que le Créateur a si richement accordés à ce pays ».

Pour sa dernière journée à Nairobi, François s'était auparavant rendu dans l'immense bidonville de Kangemi, où s'entassent plus de 100 000 personnes et où se concentrent les dégradations environnementales et humaines.

Il y a dénoncé « l'atroce injustice » infligée aux pauvres par une minorité corrompue s'accaparant et gaspillant les richesses.

François a fustigé « le manque d'accès aux services de base » dans les bidonvilles et « l'injuste distribution de la terre qui conduit des familles entières à payer des loyers exorbitants ».

François a ensuite appelé les dizaines de milliers de jeunes Kényans rassemblés au grand stade de Kasarani, à résister à la corruption, au tribalisme - dans un pays marqué par des tensions ethniques - et à la radicalisation.

« Je vous invite, vous tous, à vous prendre par la main contre le tribalisme et à dire : "Nous sommes une Nation"! », a-t-il lancé, appelant ces jeunes à « écouter les autres » et à « tendre la main ».

La corruption est « une route qui (...) conduit à la mort », a-t-il souligné les exhortant « à ne pas prendre goût à ce sucre doux » mais « qui vous mange de l'intérieur ».

Le pape a attribué la radicalisation de certains jeunes à « un système international injuste, qui ne met pas la personne au centre mais le Dieu argent ».

« La première chose à faire pour empêcher un jeune d'être recruté » par des groupes extrémistes est de lui donner de « l'éducation et (du) travail », a-t-il martelé.

Sécurité intense

Les forces de sécurité ougandaises, qui ont déjoué récemment plusieurs attentats des islamistes shebab somaliens, ont été déployées en nombre pour la visite vendredi et samedi.

Comme le Kenya, l'Ouganda fournit un contingent militaire à la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) et reste sous la menace des shebab, liés à Al-Qaïda, qui ont revendiqué en 2010 un double attentat ayant tué 76 personnes à Kampala.

Dimanche, le pape s'envolera pour Bangui, capitale de la Centrafrique, déchirée depuis 2013 par des affrontements violents entre milices chrétiennes et musulmanes. Cette dernière étape est la plus risquée de la première tournée en Afrique de son pontificat.

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