En quatre mots: le pape en Afrique

Un homme venu entendre le pape François à... (PHOTO GEORGINA GOODWIN, AFP)

Agrandir

Un homme venu entendre le pape François à l'Université de Nairobi porte un portrait à son effigie en guise de collier, le 26 novembre.

PHOTO GEORGINA GOODWIN, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le pape François sera le premier pape à visiter une zone de guerre. Il est arrivé hier soir au Kenya, et il se rendra ensuite en Ouganda, puis dimanche en République centrafricaine, ravagée depuis trois ans par une guerre civile qui a forcé le déplacement du quart de la population. Dialogue avec les musulmans, préservatifs, réchauffement climatique et néocolonialisme seront au menu.

SAINTS

C'est la première fois qu'un pape va en zone de guerre. François sera accueilli et protégé à Bangui, capitale de la République centrafricaine, par les «trois saints de Bangui». Il s'agit du surnom donné par les médias français à un imam et aux archevêques catholique et anglican qui, depuis deux ans, font cause commune pour la paix et contre les violences religieuses. François se rendra dans un camp de réfugiés dimanche, et lundi dans la mosquée centrale Koudougou, située dans un quartier où ont régulièrement lieu des affrontements entre milices chrétiennes et musulmanes. Selon John Allen, vaticaniste émérite du site Crux du Boston Globe, il est possible que la visite en Centrafrique soit annulée à la dernière minute pour des raisons de sécurité.

450%

C'est la progression du nombre de catholiques en Afrique depuis 1980: le continent à un poids - et une influence - grandissant dans l'Église, notamment avec les «missions inversées», c'est-à-dire les prêtres africains appelés en Occident pour pallier la pénurie de prêtres. Les catholiques africains sont passés de 10% à 19% de la population du continent, et de 7% à 16% de la proportion mondiale de catholiques, selon les chiffres du Vatican et de l'ONU. «On l'a senti au dernier synode [réunion des évêques du monde] sur la famille à Rome», explique le jésuite Thomas Reese, qui enseigne à l'Université Georgetown. «Les évêques occidentaux voulaient parler de l'accueil réservé aux divorcés et aux homosexuels, d'avortement. C'est très loin des préoccupations des évêques africains. Une veuve avec plusieurs enfants dans un camp de réfugiés a d'autres préoccupations.»

COLONIALISME

François fait cause commune avec l'Église africaine en dénonçant le «colonialisme idéologique», l'exigence de plusieurs ONG occidentales que ceux qui recoivent l'aide au développement adoptent des principes comme le droit à l'avortement et la protection des homosexuels. «Pour les Africains, c'est une ingérence inacceptable, dit le père Reese. Dans le contexte d'une concurrence avec l'islam et les Églises protestantes, beaucoup plus conservatrices sur le plan moral, les évêques africains ne veulent pas que l'Église professe son amour des gais.»

CONDOM

Les deux visites en Afrique du prédécesseur de François, Benoît XVI, avaient mis au premier plan l'opposition de l'Église au préservatif. En 2009, Benoît XVI avait affirmé que le condom aggravait le problème du sida en Afrique en minant l'abstinence avant le mariage et la fidélité conjugale. En 2011, il avait évité de prononcer le mot, mais avait mis l'accent sur l'abstinence et la fidélité pour la prévention du sida. Les médias en ont fait leurs choux gras, malgré le relatif progressisme de Benoît XVI sur la question. «François a la même position sur le condom, mais il a jusqu'à maintenant réussi à éviter d'être piégé par les journalistes sur la question, dit le père Reese. L'Église considère que la contraception n'est pas acceptable, mais insiste sur la liberté de conscience de chacun.»

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer