Écrasement en Égypte: l'explosion n'était pas accidentelle

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Les analyses des boîtes noires ont dénoté que tout était normal jusqu'à la 24e minute de vol, quand les deux enregistreurs ont brutalement cessé de fonctionner.

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Djallal MALTI
Agence France-Presse
PARIS

Les Égyptiens devaient communiquer samedi une semaine après l'écrasement d'un avion russe dans le Sinaï alors que l'analyse des boîtes noires de l'appareil permet de « privilégier fortement » l'hypothèse d'un attentat à la bombe, selon des sources proches du dossier.

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L'une des deux boîtes noires qui étaient à bord du Airbus A321. 

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De son côté, la Russie a suspendu vendredi ses vols vers l'Égypte, et Washington a demandé à « certains » aéroports du Moyen-Orient de renforcer leurs mesures de sécurité pour les vols en direction des États-Unis par mesure de « précaution ».

Le Royaume-Uni et les États-Unis avaient déjà ouvertement évoqué la piste d'une bombe à bord de l'appareil, parti de Charm el-Cheikh en direction de Saint-Pétersbourg.

Le responsable égyptien de l'enquête ainsi que le ministre de l'Aviation civile doivent tenir une conférence de presse très attendue samedi à 15 h GMT (10 h, heure avancée de l'Est) au Caire, mais le service de presse a fait savoir tard vendredi soir qu'il était « possible » que ce rendez-vous soit finalement reporté « jusqu'à nouvel ordre ».

Une semaine après l'écrasement qui a coûté la vie aux 224 personnes à bord, la thèse d'une bombe ayant explosé dans l'Airbus de la compagnie russe Metrojet 23 minutes après son décollage semble désormais s'imposer.

Une source proche du dossier a indiqué à l'AFP que l'analyse des deux boîtes noires de l'avion, croisée avec des relevés sur les lieux de l'écrasement et l'expérience des enquêteurs, permettait de « privilégier fortement » l'hypothèse d'un attentat à la bombe.

En effet, le décryptage de l'enregistreur des données de vol (Flight Data Recorder) et de l'enregistreur des voix dans le cockpit (Cockpit Voice Recorder) indique que « tout était normal » jusqu'à la 24e minute de vol quand ces deux boîtes noires ont brutalement cessé de fonctionner, comportement symptomatique d'une « très soudaine dépressurisation explosive », selon cette source qui a requis l'anonymat.

« L'hypothèse d'une explosion avec pour origine une défaillance technique, un incendie ou autre, apparaît hautement improbable », a-t-elle ajouté.

Le groupe État islamique (EI), dont la branche égyptienne est active dans le Sinaï, a affirmé être responsable de cet écrasement, mais sans expliquer comment.

« Engin pyrotechnique »

Une autre source proche du dossier a expliqué à l'AFP que l'analyse d'une boîte noire confirmait le caractère « brutal » et « soudain » de l'événement ayant précipité la chute de l'appareil, précisant que des photos montrant certains débris criblés d'impacts allant de l'intérieur vers l'extérieur « accréditent plutôt la thèse d'un engin pyrotechnique ».

La Russie est d'abord restée prudente face à la présence d'une bombe après ce qui constitue la pire catastrophe aérienne ayant frappé la Russie, mais le président Vladimir Poutine, sur recommandation des services secrets, a ordonné vendredi la suspension des vols civils russes vers l'Égypte.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a toutefois appelé son homologue russe et, selon la présidence égyptienne, les deux chefs d'État ont convenu de renforcer la coordination bilatérale en matière de sécurité aérienne afin de permettre la reprise des vols russes vers l'Égypte aussi vite que possible.

M. Poutine a également demandé vendredi au gouvernement d'« assurer le rapatriement des citoyens russes ». Selon le vice-premier ministre Arkady Dvorkovich, responsable de ce dossier, il y aurait actuellement entre 45 000 et 70 000 Russes en Égypte. La Russie n'évacue pas ses ressortissants, mais mène un « rapatriement planifié » de ceux qui le souhaitent, a-t-il assuré. Ces derniers ne pourront partir qu'avec leur « bagage à main le plus nécessaire ».

À ces fins, la compagnie nationale Aeroflot a envoyé à vide son vol du vendredi soir à destination du Caire, selon un responsable cité par l'agence Interfax.

« Avec des briquets »

Le rapatriement a déjà commencé pour les quelque 20 000 citoyens britanniques présents à Charm el-Cheikh, station balnéaire du sud de la péninsule du Sinaï.

Deux avions envoyés du Royaume-Uni par la compagnie EasyJet pour rapatrier des touristes ont atterri vendredi après-midi à Londres, et quelque 1400 d'entre eux avaient rejoint leur pays vendredi.

Certains de ces passagers, accueillis par des proches et une foule de médias, ont critiqué la sécurité à l'aéroport de Charm el-Cheikh. « Il nous a fallu trois heures et demie pour passer les contrôles de sécurité ce [vendredi] matin, mais je ne trouve pas qu'ils aient été particulièrement rigoureux. Les gens passaient avec des briquets », a affirmé Naomi Samson.

Au total, huit avions devaient décoller vendredi de la station balnéaire de la mer Rouge à destination du Royaume-Uni, d'après les autorités égyptiennes.

Dans l'aéroport égyptien, c'est la confusion et la colère qui dominaient chez les nombreux touristes britanniques bloqués, déplorant notamment le manque de communication de leurs autorités.

À Washington, le ministre américain de la Sécurité intérieure a annoncé que « certains » aéroports du Moyen-Orient avaient été priés de renforcer leurs mesures de sécurité pour les vols en direction des États-Unis, par « précaution ». Il s'agit notamment « d'élargir les contrôles sur les objets » embarqués dans les avions, a dit Jeh Johnson.

Après les premières déclarations jugeant probable la thèse de l'attentat, plusieurs compagnies étrangères dont les britanniques avaient suspendu leurs vols vers et en provenance de Charm el-Cheikh alors que la France, la Belgique et le Danemark ont déconseillé à leurs ressortissants de s'y rendre.

Ce drame risque de porter un nouveau coup dur au tourisme en Égypte, un pays déjà affecté par des années d'instabilité depuis la chute de Hosni Moubarak à l'issue d'une révolte populaire en 2011.

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