Poutine ordonne de suspendre les vols vers l'Égypte

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Des voyageurs arrivent à l'aéroport international de Louxor, dans le sud de l'Égypte, le 6 novembre.

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Agence France-Presse
MOSCOU

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné vendredi la suspension des vols des compagnies aériennes russes vers l'Égypte, sur recommandation des services secrets, après l'écrasement de l'Airbus de la compagnie Metrojet dans le Sinaï, qui a fait 224 morts samedi.

«Le chef d'État russe a accepté les recommandations» du chef des services secrets russes (FSB), Alexandre Bortnikov, et «ordonné au gouvernement d'élaborer les mécanismes permettant de mettre en oeuvre ces recommandations», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d'un point de presse.

M. Bortnikov a recommandé vendredi la suspension des vols civils russes vers l'Égypte, lors d'une réunion du Comité national antiterroriste.

«Je considère qu'il est nécessaire de suspendre les vols russes vers l'Égypte jusqu'à ce que nous puissions établir les vraies raisons de ce qui s'est passé», a-t-il déclaré, cité par la télévision russe.

L'écrasement a été revendiqué par le groupe djihadiste État islamique (EI).

Il s'agit «en premier lieu» des vols liés au «tourisme», a indiqué M. Bortnikov. La suspension «concerne tous les vols vers l'Égypte», a précisé pour sa part M. Peskov.

«Les vols seront suspendus jusqu'à ce que la Russie et l'Égypte réussissent ensemble à assurer un niveau de sécurité approprié» pour la reprise des liaisons aériennes, a-t-il souligné.

Le président Poutine a également chargé le gouvernement d'«assurer le rapatriement des citoyens russes» actuellement en Égypte, selon M. Peskov, alors que ce pays est l'une des destinations privilégiées des touristes russes.

«C'est une mesure de prévention. Il s'agit de la sécurité de nos citoyens», a expliqué le porte-parole.

Environ 45 000 touristes russes se trouvent actuellement en Égypte, dont presque la moitié à Charm el-Cheikh, selon le chef de l'Agence fédérale de tourisme russe (Rostourisme), Oleg Safonov, cité par l'agence officielle TASS.

L'écrasement de l'Airbus A321 de la compagnie russe Metrojet, en provenance de Charm el-Cheikh, dans le Sinaï égyptien a fait 224 morts le 31 octobre. Il s'agit de la pire catastrophe aérienne ayant jamais frappé la Russie.

L'hypothèse d'une bombe à bord a été évoquée par Washington et Londres, mais qualifiée de «spéculation» par Moscou.

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a réaffirmé mercredi être à l'origine du drame.

La décision de la Russie de suspendre ses vols vers l'Égypte «ne signifie pas» que Moscou soutient l'hypothèse d'une bombe à bord, a souligné M. Peskov.

«Aucune des pistes (examinées par les enquêteurs, NDLR) ne peut prévaloir» pour l'heure, a-t-il insisté.

De son côté, le ministre russe des Situations d'urgence, Vladimir Poutchkov, a annoncé vendredi que les experts russes déployés sur le site de l'écrasement en Égypte avaient prélevé des échantillons de surface sur «tous les fragments de l'avion, des bagages et des cargaisons (...) qui pourraient éventuellement contenir des traces d'explosifs».

«Ces échantillons ont été transportés à Moscou et sont en train d'être examinés (...). S'il y a vraiment des traces d'explosifs, ils seront sûrement détectées», a-t-il déclaré, cité par l'agence TASS.

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