Burundi: premiers combats dans le Bujumbura rural

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Des membres de la police nationale burundaise patrouillent dans les rues de la capitale, le 21 juillet.

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Agence France-Presse
NAIROBI, Kenya

Huit membres présumés d'un groupe armé ont été tués et 18 faits prisonniers dans la province du Bujumbura rural qui surplombe la capitale burundaise, lors des premiers affrontements signalés dans cette région depuis le début de la crise actuelle au Burundi.

«Criminels armés contre forces de l'ordre: 8 criminels tués, 18 capturés, 18 armes saisies» dans la localité de Nyabiraba, à 13 km environ à l'est de Bujumbura, a annoncé sur Twitter le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurikiye, sans donner plus de détails.

Les autorités désignent sous le terme de «criminels armés» les membres d'une rébellion naissante, issue de la crise née fin avril de la contestation de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un 3e mandat.

Selon un haut gradé de la police, les forces de sécurité ont été informées de la présence d'individus armés par la population locale. «Les forces de l'ordre les ont surpris, ils ont tiré les premiers et nous avons riposté», a expliqué à l'AFP ce responsable policier ayant requis l'anonymat, assurant qu'aucun policier n'avait été blessé.

Le Bujumbura rural est le fief des FNL, qui fut l'une des principales rébellions hutu ayant affronté l'armée alors dominée par la minorité tutsi durant la guerre civile burundaise (1993-2006), avant de devenir un parti d'opposition au parti présidentiel CNDD-FDD, autre ex-rébellion hutu.

Le Burundi a plongé dans une grave crise politique émaillée de violences depuis l'annonce fin avril de la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat, contraire selon l'opposition, la société civile et même une partie de son propre camp, à la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile.

Les autorités ont maté à la mi-mai une tentative de coup d'État militaire et étouffé un mois plus tard six semaines de manifestations quasi quotidiennes à Bujumbura. Mais depuis la réélection de M. Nkurunziza le 21 juillet, les violences se sont intensifiées, avec notamment des assassinats ciblés de figures des deux camps, des attaques contre la police et des exécutions sommaires.

Après l'échec du coup d'État, des militaires burundais y ayant participé avaient annoncé leur intention de chasser M. Nkunrunziza par la force et revendiqué leur participation à de premiers combats avec l'armée burundaise début juillet dans la province septentrionale de Kayenza, frontalière du Rwanda.

Fin octobre, des combats entre forces de l'ordre et membres présumés d'un groupe armé ont été signalés pour la première fois dans le centre du pays, dans deux provinces fiefs du CNDD-FDD.



L'amnistie pour ceux qui déposent les armes

Le président Nkurunziza a promis à ceux ayant pris les armes dans le cadre de la contestation de son 3e mandat controversé qu'ils ne seraient pas poursuivis s'ils se rendaient d'ici cinq jours.

«Le gouvernement, qui est un parent pour tous, vous donne cinq jours, depuis ce 2 novembre jusqu'au 7 de ce mois, pour renoncer définitivement à cette voie» de la violence, leur a lancé le chef de l'État, dans un discours à la Nation en langue nationale kirundi, diffusé sur les ondes publiques.

«Vous serez accueillis par les forces de l'ordre, on vous apprendra à aimer votre pays pendant deux semaines, puis vous serez renvoyés parmi les vôtres», a ajouté M. Nkurunziza, sans autre détail, avertissant qu'il s'agissait du «dernier appel» lancé aux insurgés.

Selon le porte-parole adjoint de la présidence, Jean-Claude Karerwa, interrogé par l'AFP, «cela signifie que ceux qui se rendront avant la date limite vont bénéficier d'une amnistie». «Après leur "formation civique", ils vont rentrer chez eux, il n'y aura pas de poursuites judiciaires», a-t-il souligné.

M. Nkurunziza, qui avait promis lors de sa prestation de serment fin août de ramener la paix et la sécurité dans les deux mois, a assuré que cet objectif avait été rempli «à 92 %», sans autre précision.

Le président burundais a appelé lundi la population à aider la police à détruire les «petits groupes de tueurs» qui sont encore à l'oeuvre.

Il a également annoncé l'organisation d'un «dialogue national (...) dans un esprit de concertation qui va faire l'admiration de la communauté internationale». Sourdes aux pressions de leurs partenaires internationaux, les autorités burundaises ont déjà promis l'ouverture d'un dialogue national, mais ont jusqu'ici refusé que les principaux opposants au 3e mandat de M. Nkurunziza, réélu le 21 juillet, y prennent part.

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