Somalie: attaque meutrière contre un grand hôtel de Mogadiscio

Un véhicule rempli d'explosifs a été lancé contre... (PHOTO MOHAMED ABDIWAHAB, AFP)

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Un véhicule rempli d'explosifs a été lancé contre les murs fortifiés de l'hôtel, puis des hommes armés se sont engouffrés dans le bâtiment.

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Agence France-Presse
MOGADISCIO

Au moins douze personnes ont été tuées dimanche dans l'attaque d'un grand hôtel de la capitale somalienne Mogadiscio par des islamistes shebab qui ont utilisé un véhicule bourré d'explosifs pour se frayer un chemin à l'intérieur de l'établissement, a annoncé la police.

Les insurgés shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont revendiqué l'attaque qui a eu lieu à l'aube dans l'hôtel Sahafi, situé près du carrefour K4 et fréquenté par des parlementaires, des fonctionnaires et des hommes d'affaires.

Un véhicule rempli d'explosifs a été lancé contre les murs fortifiés de l'hôtel, puis des hommes armés se sont engouffrés dans le bâtiment, faisant usage d'armes automatiques et de grenades, selon des témoins.

«C'est l'acte d'un groupe extrémiste de plus en plus désespéré et qui connaît des divisions internes», a réagi le président somalien Hassan Sheikh Mohamud dans un communiqué en début d'après-midi, après que les forces de sécurité eurent réussi à venir à bout de la résistance des shebab.

«Nos forces de sécurité contrôlent entièrement la situation», a-t-il ajouté. L'Agence nationale somalienne de renseignements avait déjà annoncé en fin de matinée que l'attaque était terminée, même si les forces de sécurité ont longuement continué à fouiller le bâtiment.

La force militaire de l'Union africaine en Somalie (Amisom), forte de 22 000 hommes qui combattent les shebab aux côtés du gouvernement somalien, a souligné avoir oeuvré avec les forces gouvernementales pour reprendre le contrôle de l'hôtel.

«L'Amisom loue la réponse rapide et professionnelle des forces de sécurité du gouvernement somalien qui a permis de contrôler la situation a temps», a-t-elle indiqué dans un communiqué, tout en condamnant «fermement» une attaque «insensée».

«Nous avons des informations faisant état de douze morts», a déclaré un responsable de la police, Abdulrahid Dahir. «Les agresseurs ont fait exploser une voiture piégée pour ouvrir un passage avant d'entrer à l'intérieur de l'hôtel.»

Un journaliste, cameraman indépendant, figure parmi les personnes tuées, selon l'Association somalienne des journalistes, qui a précisé qu'un photographe de l'agence Reuters avait été légèrement blessé.

Ces deux journalistes ont été victimes de l'explosion d'un second véhicule piégé, alors qu'ils étaient arrivés sur les lieux pour faire leur métier, selon la même source.

Un ancien chef d'état-major de l'armée somalienne aurait également été tué lors de cette attaque.

Une énorme explosion

L'envoyé spécial de l'ONU en Somalie, Nick Kay, a condamné une «attaque sanglante», qui met selon lui en évidence la nécessité d'aider les forces de sécurité somaliennes à prévenir de telles attaques. L'Union européenne de son côté a renouvelé dans un communiqué son «soutien» aux autorités somaliennes après «cet acte terroriste».

Des témoins ont rapporté avoir vu plusieurs corps de personnes tuées dans l'explosion initiale, puis avoir entendu une seconde forte explosion. Les shebab se sont ensuite précipités à l'intérieur de l'hôtel.

D'intenses échanges de coup de feu et d'autres déflagrations s'en sont suivis, selon ces témoins. «Il y a eu une énorme explosion et des gens auprès de l'entrée ont été tués», a expliqué l'un d'entre eux, Mohamed Ismael.

Les shebab, qui luttent pour renverser le gouvernement somalien soutenu par la communauté internationale, ont déjà mené par le passé plusieurs attaques contre des hôtels de Mogadiscio.

Le recours à des véhicules remplis d'explosifs et conduits par des kamikazes, pour ouvrir l'accès à des assaillants à pied vers l'intérieur d'un bâtiment, est une tactique fréquemment employée par les shebab.

C'est dans l'hôtel Sahafi que deux agents des services de renseignement français avaient été enlevés en 2009. L'un avait ensuite réussi à s'échapper, mais l'autre, Denis Allex, avait été tué par les shebab lors d'une opération destinée à le libérer en 2013.

Un porte-parole des shebab, Abdulaziz Abu Musab, a déclaré en début de matinée dans un communiqué que «les combattants moudjahidines (avaient) pris le contrôle de l'hôtel Sahafi, où des apostats et des envahisseurs chrétiens résidaient».

Les shebab, chassés depuis mi-2011 de Mogadiscio, puis de leurs principaux bastions du centre et du sud somaliens, contrôlent toujours de larges zones rurales, d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats suicide - parfois jusque dans la capitale somalienne - contre les symboles du fragile gouvernement somalien ou contre l'Amisom.

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