Feu vert du Parlement rwandais pour un 3e mandat de Paul Kagame

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Une fois adoptée par le Sénat et par voie référendaire, cette réforme constitutionnelle permettrait en théorie à Paul Kagame, 58 ans, de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2034.

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Agence France-Presse
KIGALI

Les députés rwandais ont adopté jeudi à l'unanimité un projet de réforme de la Constitution permettant au président Paul Kagame de briguer un troisième mandat en 2017, a constaté une journaliste de l'AFP.

Une fois adoptée par le Sénat et par voie référendaire, cette réforme constitutionnelle permettrait en théorie à Paul Kagame, 58 ans, de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2034.

Les députés ont modifié l'article 101 de l'actuelle Constitution, qui date de 2003 : désormais, «le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans. Il ne peut être réélu qu'une seule fois», a déclaré à la presse la présidente de la chambre des députés, Donatille Mukabalisa. La Constitution de 2003 prévoyait deux mandats de sept ans.

Mais, a précisé Mme Mukabalisa après le vote, un article 172 apporte une nuance permettant au président Paul Kagame, comme à tout autre candidat, d'être (ré)élu en 2017 pour un mandat de sept ans, puis de briguer les deux mandats de cinq ans prévus par la nouvelle Loi fondamentale.

La présidente de la chambre des députés, qui n'a pas rendu public le texte voté jeudi, a démenti le fait que cet article soit sur mesure pour Paul Kagame.

«C'est pour tout candidat à la présidence de la République, c'est pas seulement pour le président Kagame», a-t-elle déclaré.

Selon le Parlement, 3,7 millions d'inscrits - sur un total de 6 millions - se sont prononcés ces derniers mois par voie de pétition en faveur d'un maintien au pouvoir de M. Kagame, homme fort du pays depuis que sa rébellion du FPR (Front patriotique rwandais, au pouvoir) a chassé, en juillet 1994, le régime extrémiste hutu et mis fin au génocide déclenché en avril précédent. Les massacres ont fait environ 800 000 morts selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsi.

De nombreux observateurs ont mis en doute la spontanéité de ce mouvement populaire en faveur de la réforme constitutionnelle.

Dans un pays souvent critiqué en matière de liberté d'expression, de nombreux observateurs estiment que le FPR au pouvoir, présent à tous les échelons de la société, est en réalité à la manoeuvre.

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