Oscar Pistorius, de l'Olympe sportive à la prison

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Oscar Pistorius lors des JO de Londres en 2012.

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Agence France-Presse

En 2012 à Londres, le Sud-Africain Oscar Pistorius est devenu une icône mondiale, premier champion handicapé à s'aligner en athlétisme aux côté des valides lors de jeux Olympiques.

Il y a un an, c'est un homme de 27 ans brisé qui avait été condamné à cinq ans de prison pour avoir tué sa petite amie Reeva Steenkamp, dans la nuit de la Saint-Valentin 2013.

Lundi soir, il est sorti de prison après avoir purgé un cinquième de sa peine, comme l'autorise la loi sud-africaine, mais les chances de le revoir briller sur les pistes demeurent infimes.

Il y a trois ans, sa course de Londres avait signé l'apogée d'une carrière, le triomphe de la volonté sur le mauvais sort.

Le sportif amputé des deux jambes fait alors la fierté de l'Afrique du Sud, et de millions de handicapés dans le monde.

Cette même année, le magazine américain Time le classe parmi les cent personnalités les plus influentes, disant de lui: «Il est la définition même de l'inspiration mondiale». Les sponsors se bousculent pour faire signer des contrats à celui que la presse appelle «Blade Runner», «le coureur aux lames», en référence à ses prothèses de carbone en forme de pattes de félin.

Il est jeune, beau, riche, et admiré.

Sept mois plus tard, le miroir se brise.

Par une chaude nuit d'été austral, Pistorius tire quatre balles de son 9 mm à travers la porte fermée des toilettes de sa chambre. Il tue sa dernière conquête, la top-modèle Reeva Steenkamp, qui passait la nuit chez lui à Pretoria. Pour sa défense, il affirme qu'il croyait faire feu sur un cambrioleur.

Sous l'objectif des photographes, ce n'est plus le beau gosse auréolé de gloire qui apparaît mais une silhouette courbée, sortant du commissariat encadrée par deux policiers, les mains enfoncées dans les poches d'une parka grise, le visage caché par sa capuche.

Immédiatement, la machine médiatique se met en route. On scrute les failles de l'idole déchue. On le découvre immature, colérique, paranoïaque.

On décortique sa passion pour les armes à feu. La justice enquête bientôt sur deux incidents récents où il a tiré en public, une fois par erreur en manipulant une arme dans un restaurant, une autre fois pour s'amuser, à travers le toit ouvrant d'une voiture.

Brisé et ruiné

D'autres facettes de l'homme s'éclairent aussi pendant le procès, qui s'étale de mars à octobre. Terriblement émotif, l'ex-champion fond en larmes ou vomit à plusieurs reprises. Il adopte souvent l'attitude de l'enfant buté, refusant d'admettre ses responsabilités. Ce que la juge va lui reprocher.

Effondré, il s'excuse auprès des parents de sa victime, mais soutient jusqu'au bout qu'il a tiré sans s'en rendre compte, dans la panique, sans avoir l'intention de tuer quiconque.

À la barre, sa psychologue viendra dire qu'il est «un homme brisé».

Lâché par ses commanditaires et obligé de payer son équipe d'avocats, il est en outre ruiné, au point d'avoir vendu sa maison, puis sa voiture de luxe. Il lui reste, dernier lien avec sa vie antérieure, la solidarité du clan familial, qui ne l'a jamais lâché depuis la nuit funeste.

Son avocat, à la fin du procès, a tenté de convaincre la juge de sa vulnérabilité, en reprenant l'histoire de sa vie. Le petit Oscar était né avec des pieds, mais sans péronés. À l'âge de 11 mois, ses parents décident de le faire amputer juste en dessous des genoux.

Il grandit ensuite avec l'idée d'être un gamin comme les autres, accro à tous les sports, water-polo, cricket, boxe, sports collectifs.

Mais le décès de sa mère, l'année de ses 15 ans, est un nouveau traumatisme pour lui. L'année suivante, après une grave blessure au rugby, il découvre pourtant l'athlétisme. Et il n'a pas encore 18 ans qu'il glane déjà ses premières médailles mondiales, dans la catégorie des amputés des deux jambes.

Peu à peu, ses performances, son ambition et sa volonté de fer le poussent à demander son admission dans les compétitions pour valides.

Après des années de procédure et de combats devant les tribunaux pour faire admettre que ses prothèses ne lui donnent pas un avantage indu, il réalise enfin le rêve de sa vie en 2012: participer aux jeux Olympiques.

Le dernier exploit de «Blade Runner».

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