Centrafrique: couvre-feu à Bangui après des violences meurtrières

Dimanche matin, un médecin militaire s'exprimant sous couvert... (PHOTO EDOUARD DROPSY, AFP)

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Dimanche matin, un médecin militaire s'exprimant sous couvert d'anonymat avait fait état de plus de 20 tués et d'une centaine de blessés dans ces violences accompagnées de pillages, précisant qu'il s'agissait d'un «bilan provisoire» susceptible de s'alourdir.

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Agence France-Presse
BANGUI

Le gouvernement centrafricain de transition a décrété dimanche un couvre-feu de 18H00 (17H00 GMT) à 06H00 à Bangui après la flambée de violences qui a fait samedi plus de 20 morts et une centaine de blessés dans la capitale.

Dans la journée de dimanche, des barricades ont été érigées dans plusieurs quartiers de la ville par des groupes de manifestants, perturbant la circulation. La plupart de ces barricades ont été démantelées par les forces de sécurité centrafricaines qui ont fait usage de gaz lacrymogènes, a constaté un correspondant de l'AFP. Des tirs d'origine indéterminée ont également été entendus à la mi-journée.

«À compter de ce jour, le couvre-feu est instauré de 18 heures à six heures dans la capitale. Les forces internationales et les forces de défense et de sécurité centrafricaines sont instruites afin que cette mesure soit strictement respectée», a déclaré à la radio nationale le premier ministre, Mahamat Kamoun.

L'instauration du couvre-feu fait suite aux violences qui ont secoué samedi Bangui, après l'assassinat d'un conducteur de moto-taxi dans le quartier du PK-5, dans le centre de la capitale.

Selon des habitants, le conducteur de moto-taxi a été égorgé samedi matin, pour une raison encore inconnue, ce qui a déclenché des violences dans ce quartier majoritairement musulman qui fut l'épicentre des massacres intercommunautaires à Bangui de fin 2013 à début 2014.

Des troupes françaises de l'opération Sangaris et une force de l'ONU sont déployées dans le pays pour tenter de le stabiliser.

Dimanche matin, un médecin militaire s'exprimant sous couvert d'anonymat avait fait état de plus de 20 tués et d'une centaine de blessés dans ces violences accompagnées de pillages, précisant qu'il s'agissait d'un «bilan provisoire» susceptible de s'alourdir.

Le premier ministre a appelé de son côté «la jeunesse à lever toutes les barricades afin de permettre à la population de circuler et de vaquer librement à ses occupations. Tout attroupement au niveau des barricades érigées çà et là est interdit», a-t-il souligné.

Dans un communiqué, le gouvernement de transition avait déjà fermement condamné ces «violences inutiles qui interviennent à un moment où la Centrafrique en général et la ville de Bangui en particulier aspirent à la paix et à la sécurité».

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion Séléka a plongé l'ex-colonie française, déjà très instable et l'un des pays les plus miséreux au monde, dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014 dont elle peine toujours à se relever.

Le niveau des violences a depuis considérablement baissé. Mais des groupes armés sévissent toujours dans certaines parties du territoire et de très nombreuses armes de guerre circulent dans le pays et sont régulièrement utilisées pour des actes de banditisme.

Des élections présidentielles et législatives sont officiellement prévues avant la fin 2015 pour clore le cycle de violences.

Mais l'organisation des scrutins a pris beaucoup de retard, rendant plus que vraisemblable un nouveau report des élections, dont l'entre deux tours devait coïncider avec la visite du pape François à Bangui, prévue les 29 et 30 novembre.

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