Un nouveau gouvernement «de durs» au Burundi

Le président Nkurunziza prête serment pour un troisième... (PHOTO GILDAS NGINGO, ARCHIVES AP)

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Le président Nkurunziza prête serment pour un troisième mandat lors d'une cérémonie devant le Parlement burundais à Bujumbura, le 20 août.

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Agence France-Presse
NAIROBI, Kenya

Le président burundais Pierre Nkurunziza a nommé le premier gouvernement de son 3e mandat controversé, largement composé de fidèles et dominé par des «durs», alors que son pays est plongé dans une grave crise politique, selon un décret publié mardi.

La nouvelle équipe, largement renouvelée, est surtout marquée par le retour au ministère de la Sécurité publique d'Alain-Guillaume Bunyoni, considéré comme un acteur-clé du système sécuritaire du régime et un «dur» au sein du premier cercle restreint autour de M. Nkurunziza.

Ancien chef militaire au sein de la rébellion hutue CNDD-FDD, désormais parti au pouvoir, le commissaire de police Bunyoni fut le premier directeur de la nouvelle police burundaise post-guerre civile, de 2005 à 2007. Il avait déjà occupé le portefeuille entre 2007 et 2011, avant de devenir chef de cabinet civil du président jusqu'en novembre 2014.

M. Bunyoni, un temps perçu comme le possible dauphin de M. Nkurunziza, était considéré, comme l'un des deux hommes les plus influents du régime autour du président, au côté du général Adolphe Nshimirimana, ancien chef des services de renseignement, assassiné le 2 août à Bujumbura.

Il remplace à la Sécurité publique, Gilbert Nizigama, également commissaire de police, qui devient directeur de cabinet civil adjoint du président, au côté d'un militaire, le général Évariste Ndayishimye, ex-ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique (2006-2007) puis ancien directeur de cabinet militaire, nommé directeur de cabinet civil.

«Ce gouvernement n'est pas rassurant», a commenté sous le couvert d'anonymat un diplomate occidental à Bujumbura, «remettre Bunyoni à la Sécurité publique et deux autres généraux comme chef et chef adjoint du cabinet civil présidentiel, cela signifie que c'est la ligne dure et le passage en force qui ont prévalu».

«C'est clairement l'aile dure du parti au pouvoir qui a pris le dessus, c'est un gouvernement à nos yeux qui ne va pas faciliter l'apaisement et le dialogue», a-t-il souligné.

Jusqu'ici ministre de la Justice, poste qu'il occupait depuis 2011, Pascal Barandagiye, hérite du ministère-clé de l'Intérieur, à la place d'Édouard Nduwimana, élu 2e vice-président de l'Assemblée nationale.

Outre cet unique changement de portefeuille, seuls cinq ministres conservent leurs postes (Affaires étrangères, Communauté est-africaine, Finances, Énergie et Mines, Défense), le reste de l'équipe étant renouvelée.

Les partisans d'Agathon Rwasa, principal opposant au président Nkurunziza, devenu premier vice-président de l'Assemblée après avoir accepté de jouer le jeu des institutions en siégeant avec ses troupes à l'inverse du reste de l'opposition, récupèrent cinq ministères d'importance secondaire (Bonne gouvernance, Fonction publique, Développement communal, Transports et Travaux publics, Jeunesse et Sports).

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