RDC: l'ONU appelle à cesser «immédiatement» les arrestations extrajudiciaires

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Le climat politique est tendu en RDC à l'approche de la présidentielle prévue en novembre 2016, et à laquelle le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne peut se représenter, selon la Constitution.

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Agence France-Presse
KINSHASA

Les Nations unies ont appelé mercredi à cesser «immédiatement» les arrestations extrajudiciaires en République démocratique du Congo, estimant qu'elles nuisent à la «crédibilité» du processus électoral.

«Chaque arrestation extrajudiciaire de membres de la société civile, acteurs politiques ou média, confirme la tendance à la restriction de l'espace politique» alors que le pays doit entamer en octobre un cycle d'élections, a déclaré à l'AFP le directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'Homme (BCNUDH), José Maria Aranaz.

«Il faut arrêter toutes les arrestations extrajudiciaires immédiatement pour éviter l'impact négatif sur la crédibilité du processus électoral», a-t-il insisté.

Mardi, le BCNUDH s'était dit «très préoccupé» par la disparition depuis samedi à Kinshasa de Bienvenu Matumo, l'un des militants les plus actifs du mouvement Lutte pour le changement (Lucha) et diplômé de la première promotion de la nouvelle École Nationale d'Administration(ENA).

Lucha a indiqué mardi que, «en mars, (...) Bienvenu avait (...) fait l'objet de recherche par l'ANR (Agence Nationale de Renseignement), parce qu'il avait participé à l'organisation de l'atelier de lancement de Filimbi», qui se présente comme un collectif de mouvements d'éducation à la citoyenneté, non partisan et non violent.

Le 15 mars, une trentaine de personnes avaient été arrêtées lors d'une réunion d'échanges sur la bonne gouvernance en Afrique organisée par Filimbi. Toutes ont été relâchées à l'exception de Fred Bauma, de Lucha, et Yves Makwambala, webmaître et graphiste du groupe Filimbi, qui attendent la reprise de leur procès pour «complot contre la personne ou la vie du chef de l'État et tentative de renversement des institutions».

Irrité, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, a expliqué mercredi à l'AFP que Kinshasa n'était pas informé de cette affaire. «J'ai l'impression qu'il y a des montages de ces jeunes, de ces petits malins. (...) Nous ne savons rien du tout, rien du tout!»

Alors que la police a affirmé mercredi à l'AFP qu'elle ne détenait pas le militant, M. Aranaz a dit avoir une «confirmation indirecte» qu'il se trouvait à «l'ANR». Cette dernière était injoignable mercredi matin pour commenter ces allégations.

Mercredi, dans un appel à «action urgente» en anglais, Amnesty International estime que la disparition de M. Matumo ressemble à des cas «où de jeunes militants et défenseurs des droits de l'Homme ont été soumis à une disparition forcée en RDC, avant qu'ils ne soient relâchés ou formellement inculpés».

L'organisation britannique appelle à contacter les ministres concernés (Intérieur, Justice) et le chef de l'ANR afin que, s'il est bien détenu, M. Matumo soit relâché ou inculpé «rapidement», qu'il ait accès à un avocat et ne soit pas exposé à la «torture et autre mauvais traitement».

Le climat politique est tendu en RDC à l'approche de la présidentielle prévue en novembre 2016, et à laquelle le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne peut se représenter, selon la Constitution.

En janvier, principalement à Kinshasa, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours de manifestations violentes, réprimées par les forces de sécurité. Les manifestants dénonçaient un projet de loi électorale qui aurait pu permettre à M. Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son deuxième mandat.

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