La force régionale contre Boko Haram a désormais un chef

Des soldats nigériens patrouillent à Bosso, près de... (PHOTO SSOUF SANOGO, ARCHIVES AFP)

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Des soldats nigériens patrouillent à Bosso, près de la frontière avec le Nigeria voisin, le 25 mai.

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Ola AWONIYI, Aminu ABUBAKAR
Agence France-Presse
KANO et ABUJA

En pleine flambée d'attaques meurtrières de Boko Haram, les pays riverains du Lac Tchad s'activaient à rendre effective la future force militaire régionale chargée de combattre les insurgés islamistes, en désignant jeudi un général nigérian à la tête de cette force de plus de 8000 hommes.

Le général Iliya Abbah a été nommé jeudi pour diriger cette Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF), a annoncé l'armée nigériane. Dans le même temps, des témoins rapportaient à l'AFP le massacre de dix pêcheurs, égorgés dans trois villages proches de Baga (sur les rives du lac Tchad) par les insurgés de Boko Haram, qui multiplient depuis deux mois raids meurtriers et attentats-suicides.

En tout, plus de 800 personnes ont péri dans des attaques islamistes au Nigeria depuis l'arrivée au pouvoir, le 29 mai, du président Muhammadu Buhari, qui a érigé en priorité la lutte contre Boko Haram. Cette vague de violences s'est étendue au Tchad et au Cameroun voisins, touchés à leur tour par des attentats-suicides meurtriers inédits sur leur sol.

M. Abbah, un musulman originaire du Nord, a été responsable des opérations dans le delta du Niger, une région pétrolière stratégique dans le sud du Nigeria, a expliqué le porte-parole de l'armée nigériane, Chris Olukolade. Avant d'y être envoyé, il avait dirigé la deuxième brigade de l'armée nigériane basée dans la grande ville de Kano (nord).

Cet officier d'infanterie a également appartenu au contingent nigérian dépêché au Darfour dans le cadre des opérations de maintien de la paix, a précisé à l'AFP un de ses proches.

La MNJTF, à laquelle doivent participer le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin, doit compter 8700 hommes au total et a son siège à N'Djamena, au Tchad.

Elle doit permettre de mieux coordonner les efforts d'une coalition militaire formée par le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun et qui a remporté une série de succès contre Boko Haram depuis février sans toutefois parvenir à neutraliser les islamistes.

Pêcheurs égorgés

Interrogé par la presse jeudi à Yaoundé, le président nigérian a affirmé que cette force «devrait être en place d'ici demain, à la fin de ce mois», sans autres précisions. Par ailleurs, a-t-il ajouté, «après les promesses faites par les pays du G7 pour aider la région à vaincre Boko Haram, nous attendons de l'aide en termes de formation, d'équipement et de renseignement».

M. Buhari, qui s'était rendu au Niger et au Tchad juste après son investiture le mois dernier, a rencontré à Yaoundé son homologue camerounais Paul Biya pour discuter des meilleurs moyens de contrer la menace Boko Haram, désormais affilié à l'organisation État islamique (EI).

Le président nigérian est attendu samedi au Bénin, dernier membre de la MNJTF.

Sans attendre la mise en action de la force régionale, l'armée tchadienne, en pointe dans la lutte contre les islamistes, a lancé ces derniers jours une vaste opération sur des îles du lac Tchad contre Boko Haram. «Environ 1000 hommes (des forces de sécurité et de défense tchadiennes) sont positionnés pour occuper toutes les îles et neutraliser» le groupe islamiste, selon une source sécuritaire interrogée par l'AFP.

La région du lac Tchad, dédale de centaines d'îlots et de chenaux cachés entre les hautes herbes, sert de repaire aux combattants islamistes, qui viennent s'y dissimuler et rafler du bétail et des récoltes.

Sur la rive nigériane du lac, la ville de Baga s'était vidée de ses habitants à la suite de l'attaque la plus meurtrière jamais perpétrée par Boko Haram, en janvier. Des pêcheurs ont commencé à revenir, depuis un mois, dans certains villages des alentours considérés comme «sécurisés» par l'armée nigériane.

Mais dix de ces pêcheurs ont été égorgés lundi dans trois villages de cette zone par les islamistes qui ont évité d'utiliser des armes à feu «pour ne pas attirer l'attention des soldats de Baga», a déclaré à l'AFP le président du syndicat des pêcheurs de l'État de Borno, Abubakar Gamandi.

Plus au sud, toujours dans l'État de Borno, l'armée nigériane a déclaré avoir libéré 59 personnes des mains de Boko Haram, dont 29 femmes et 25 enfants, lors d'opérations mercredi contre deux camps des islamistes. L'armée avait déjà annoncé mardi avoir libéré une trentaine de captifs.

L'insurrection de Boko Haram et sa répression par l'armée ont fait plus de 15 000 morts au Nigeria depuis 2009, essentiellement dans le Nord majoritairement musulman.

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