Nigeria: 13 morts dans trois attentats-suicides dans le nord-est

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Agence France-Presse

Trois mineures se sont fait exploser vendredi matin à Damaturu, la capitale de l'État de Yobe, dans le nord-est du Nigeria, tuant au moins 13 personnes parmi les fidèles qui s'apprêtaient à célébrer la fin du Ramadan.

Le président nigérian Muhammadu Buhari, qui a érigé en priorité la lutte contre les insurgés islamistes de Boko Haram - désormais affiliés au groupe jihadiste État islamique (EI) - fait face à une vague de violences depuis sa prise de fonction le 29 mai: plus de 700 personnes ont péri au Nigeria en un mois et demi.

Vers 07h15, une première explosion a eu lieu à proximité du terrain de prière de l'Aïd el-Fitr, la fête qui marque la fin du mois de jeûne musulman de ramadan, avant une seconde explosion à 500 m de là, suivie d'une troisième explosion, selon Ahmad Adamu, un volontaire chargé de la sécurité qui a porté secours aux victimes.

«Treize personnes ont été tuées» dans ces «attentats suicides survenus à proximité du terrain de prière de l'Aïd» de Damaturu, qui ont été menés «par trois jeunes filles mineures», a affirmé à l'AFP le chef de la police de l'État, Markus Danladi, précisant que 15 personnes ont été blessées.

M. Adamu et une source médicale ont eux aussi donné un bilan de 13 morts.

Ces attaques n'ont pas été revendiquées, mais le groupe islamiste Boko Haram a eu souvent recours à des jeunes filles pour commettre des attentats suicides ces derniers mois.

L'État de Yobe est un des trois États du nord-est du Nigeria les plus durement touchés par Boko Haram. L'insurrection islamiste et sa répression par les forces nigérianes ont fait plus de 15 000 morts et 1,5 million de déplacés depuis 2009.

Le porte-parole de l'armée, Sani Usman, qui a pour sa part donné un bilan de neuf morts et de 18 blessés, a déclaré dans un communiqué que la situation était «sous contrôle».

«L'armée et les agences de sécurité ont réagi immédiatement après les incidents (...) Le gouverneur de l'État de Yobe, Ibrahim Geidam, et le chef d'état-major des armées, le général Tukur Buratai, ont témoigné de leur sympathie aux victimes et aux habitants de cet État et leur ont demandé de garder leur calme», a-t-il poursuivi.

Il s'agit du premier déplacement sur le terrain du général Buratai, investi jeudi.

M. Buhari, qui n'a toujours pas nommé de gouvernement, a procédé à un remaniement de l'ensemble des chefs de l'armée cette semaine. Il se rend lundi à Washington, où il doit s'entretenir avec son homologue Barack Obama de «la guerre contre le terrorisme».

Dans la période de flottement qui a suivi  son investiture, et dans l'attente du déploiement, prévu fin juillet, d'une force de 8700 hommes mise sur pied par le Nigeria et ses voisins - Niger, Tchad, Cameroun et Bénin - les attaques se sont enchaînées à un rythme quotidien dans le pays, touchant particulièrement les musulmans, en plein mois de ramadan.

Le groupe islamiste a aussi commis ces derniers jours des attentats suicides au Cameroun et au Tchad et mené une attaque au Niger, trois pays engagés militairement contre lui.

Jeudi en fin de journée, deux bombes ont explosé dans la ville de Gombe, capitale de l'État du même nom, au sud de Damaturu, tuant au moins 49 personnes dans un marché où les habitants faisaient leurs courses en vue des célébrations de l'Aïd.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a sévèrement condamné vendredi les attentats meurtriers commis à Gombe et Damaturu.

«Ces crimes haineux ont été commis alors que les victimes priaient à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, un jour sacré» pour les musulmans, a déclaré M. Ban dans un communiqué. «En ce sens, ces attaques sont une atteinte aux croyances de tous les peuples».

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