L'Égypte toujours en proie à des violences meurtrières

Les forces de sécurité ont par ailleurs tiré... (Photo Ashour Abosalm, AP)

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Les forces de sécurité ont par ailleurs tiré des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs rassemblements de dizaines d'islamistes à travers la capitale, selon les responsables.

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Jay DESHMUKH
Agence France-Presse
LE CAIRE

Un manifestant a été tué vendredi au Caire lors de la dispersion par la police de partisans de l'ancien président islamiste Mohamed Morsi, rassemblés à l'occasion du deuxième anniversaire de sa destitution par l'armée.

Depuis cette destitution, les nouvelles autorités mènent une répression sanglante contre l'opposition, et le pays connaît une vague sans précédent d'attaques menées par des djihadistes qui disent agir en représailles à celle-ci.

Le jeune manifestant a été tué par un tir de chevrotine dans le sud du Caire, ont indiqué à l'AFP des responsables de la police et de la santé.

Les forces de sécurité ont par ailleurs tiré des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs rassemblements de dizaines d'islamistes à travers la capitale, selon les responsables.

Dans les semaines ayant suivi l'éviction le 3 juillet 2013 de M. Morsi par l'ex-chef de l'armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, ses partisans ont manifesté en masse pour réclamer son retour, mais leur mobilisation s'est fortement réduite sous l'impact de la répression.

Plus de 1400 personnes, en majorité des manifestants islamistes, ont été tuées par les forces de l'ordre et des dizaines de milliers emprisonnées. Des centaines ont depuis été condamnées à mort dans des procès de masse expéditifs.

M. Morsi lui-même et plusieurs dirigeants de sa confrérie des Frères musulmans se sont vus infliger la peine capitale.

D'abord limitée aux islamistes, la répression s'est rapidement élargie aux mouvements laïques et de gauche, fers de lance de la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.

«Les autorités égyptiennes ont montré qu'elles ne reculeraient devant rien dans leurs tentatives d'écraser quiconque défie leur pouvoir», a affirmé dans un communiqué Hassiba Hadj Sahraoui, une responsable à Amnesty International.

Tirs de roquettes par l'EI

Disant agir en représailles à la répression visant les islamistes, les djihadistes ont parallèlement multiplié les attaques contre les forces de l'ordre, en particulier dans le nord du Sinaï, mais aussi au Caire.

Lundi, le procureur général Hicham Barakat a ainsi été assassiné dans la capitale égyptienne dans un spectaculaire attentat à la bombe, à la suite d'appels du groupe djihadiste État islamique (EI) à s'attaquer au corps judiciaire pour venger l'exécution de ses partisans.

Mercredi, des combattants de l'EI ont aussi lancé une série d'attaques coordonnées contre plusieurs positions de l'armée dans la péninsule du Sinaï, faisant des dizaines de morts.

L'EI a affirmé vendredi avoir attaqué plus d'une vingtaine de points de contrôle, ayant notamment recours à deux kamikazes à bord de voitures piégées.

Signe que les forces de sécurité ont le plus grand mal à contrôler le nord du Sinaï, bastion des djihadistes, deux roquettes tirées depuis la péninsule ont explosé vendredi dans le sud d'Israël, sans faire de victime, a indiqué un porte-parole militaire israélien.

La branche égyptienne de l'EI a revendiqué dans un communiqué ces tirs, en accusant Israël d'avoir «soutenu» l'armée égyptienne durant les attaques qu'il a lancées mercredi contre les militaires égyptiens.

Sissi toujours populaire

Malgré la répression et la multiplication des attaques contre les forces de l'ordre, qui ont tué des centaines de policiers et soldats, M. Sissi, élu président un an après avoir évincé M. Morsi, reste populaire auprès d'un large segment de la population.

Immédiatement après l'assassinat de M. Barakat, il a promis des jugements accélérés et une législation plus dure «pour lutter contre le terrorisme». Moins de deux jours après, le gouvernement a approuvé une nouvelle loi antiterroriste qui doit «offrir une justice rapide et venger (les) martyrs».

«De nombreux Égyptiens, lassés par l'instabilité politique et effrayés par la hausse des attaques terroristes dans les grandes villes, soutiennent largement la répression», souligne Eric Trager, du Washington Institute for Near East Policy.

Mais deux ans après l'éviction de M. Morsi, la relance de l'économie reste l'un des principaux défis qui se posent au président, le pays souffrant d'une inflation de 13,5% et d'un déficit budgétaire de 12%, alors que les touristes sont un tiers de moins à visiter le pays qu'en 2010.

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