Burkina Faso: le premier ministre ne dissoudra pas l'unité d'élite de l'armée

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Le premier ministre de la transition au Burkina Faso, Yacouba Isaac Zida.

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Brahima Ouédraogo
Associated Press
OUAGADOUGOU

Le premier ministre de la transition au Burkina Faso, Yacouba Isaac Zida, a rejeté vendredi l'idée de dissoudre le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) - l'unité d'élite de l'armée nationale accusée d'avoir tué des manifestants au cours du soulèvement populaire d'octobre dernier.

En s'adressant aux députés du Conseil national de la transition, le lieutenant-colonel devenu premier ministre a déclaré que le régiment était essentiel à la sécurité du Faso. Selon lui, l'armée et le pays «ont besoin du RSP».

Cette décision représente une volte-face pour Yacouba Isaac Zida, un ancien commandant en second de cette unité, qui avait annoncé en décembre dernier que l'unité d'élite serait dissoute.

Ils s'étaient ainsi attiré les foudres des 1 300 membres du RSP, dont le statut est examiné de près par les autorités de transition depuis quelques mois.

Amnistie Internationale et d'autres organisations de défense des droits de la personne ont accusé le régiment d'avoir ouvert le feu sur des manifestants non armés en octobre dernier, au cours du soulèvement populaire qui a forcé le président des 27 dernières années, Blaise Compaoré, à démissionner.

Dans la capitale, Ouagadougou, les soldats du RSP sont entre autres soupçonnés d'avoir tiré sur les manifestants rassemblés près de la maison du frère du président - et personnalité influente du régime  - François Compaoré.

Dans un rapport publié en janvier dernier, l'International Crisis Group a recommandé que le RSP soit dissous ou, du moins, réformé.

L'organisation non gouvernementale estime que le régiment est depuis longtemps une source de mécontentement au sein des forces armées à cause de son budget imposant. Elle est aussi critiquée pour son implication présumée dans des crimes politiques commis durant le règne de Blaise Compaoré, dont le meurtre du journaliste Norbert Zongo, en 1998, alors qu'il enquêtait sur François Compaoré.

Depuis novembre 2014, le Burkina Faso est gouverné par un Conseil national de la transition. Des élections présidentielles et législatives sont prévues le 11 octobre prochain.

D'ici cette date, le Conseil national de la transition travaillera à donner au RSP «une bonne place au sein de la nation», a assuré Yacouba Isaac Zida.

«Comme disait quelqu'un, si vous tuez votre chien parce qu'il n'aboie pas, c'est la chèvre du voisin qui va vous mordre», a-t-il illustré vendredi pour marquer l'importance de conserver le RSP.

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