Huit candidats au poste de super banquier de l'Afrique

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Huit candidats briguent jeudi la présidence de la Banque africaine de développement.

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Agence France-Presse
PARIS

Huit candidats, dont une seule femme, briguent jeudi la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), institution cinquantenaire au rôle stratégique dans un continent en pleine mutation économique. Tour d'horizon avant un scrutin à l'issue incertaine.

Akinwumi Adesina, 55 ans, est ministre de l'Agriculture du gouvernement sortant du Nigeria. Il représente un pays considéré comme la nouvelle locomotive économique du continent africain, ce qui peut jouer en sa faveur, mais aussi contre lui. Une règle non écrite veut en effet que la BAD soit dirigée par des pays de petite ou moyenne taille. Bien que parlant parfaitement le français, il se heurte par ailleurs au camp de l'Afrique francophone. M. Adesina a également mené une campagne active en France.

Sufian Ahmed, 57 ans, est ministre des Finances d'Éthiopie depuis 1995. Le pays a connu ces dernières années une croissance spectaculaire, et l'assureur-crédit français Coface vantait récemment sa diversification économique. Il reste toutefois très dépendant du secteur agricole ainsi que de l'aide extérieure. L'Éthiopie se débat par ailleurs toujours avec la pauvreté, l'insécurité alimentaire et les tensions avec l'Érythrée.

Jalloul Ayed, 64 ans, porte les couleurs de la Tunisie, et plus largement du Maghreb. Cet économiste de formation et banquier de carrière, passé par le secteur privé (Citibank, Banque marocaine du commerce extérieur, a été ministre des Finances. Son pays a abrité le siège de la BAD pendant dix ans, avant que les conditions de sécurité ne soient réunies pour son retour en Côte d'Ivoire en 2014. M. Ayed est aussi compositeur de musique classique.

Bedoumra Kordjé, 63 ans, est ministre des Finances du Tchad. Parmi ses atouts, une expérience de 30 ans au sein de la BAD, jusqu'en 2012. Ingénieur télécoms formé en France, celui qui se présente comme «architecte de la modernisation» dans son pays fait aussi valoir que l'Afrique centrale et sa Communauté économique et monétaire (CEMAC), qu'il représente, n'ont jamais présidé l'organisation.

Cristina Duarte, 52 ans. Cette fille d'un ancien combattant des guerres d'indépendance de l'Angola, de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert contre le Portugal est ministre des Finances du Cap-Vert. Formée au Portugal et aux États-Unis, polyglotte, elle a aussi une expérience dans le secteur privé (CitiBank). Si elle est élue, elle sera la première femme et le premier citoyen d'un pays lusophone à diriger la BAD. Elle bénéficie de la bonne réputation de son pays auprès des investisseurs : le ministère français de l'Économie soulignant dans une note les «qualités indéniables en matière d'institutions et de gouvernance économique» du Cap-Vert.

Birama Boubacar Sidibé, 62 ans. Cet expert malien des questions de développement, formé en France, a travaillé de 1983 à 2006 à la BAD. Après avoir été directeur général de Shelter-Afrique (2006-2009), une organisation panafricaine chargée de la promotion et du financement du logement sur ce continent, il a été vice-président chargé des opérations de la Banque islamique de développement (2009-2015). Selon le journal Financial Afrik, il a obtenu le plus grand nombre de parrainages : 11 pays sur 29 lui ont apporté leur soutien.

Samura Kamara, 64 ans, est ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone, dont il a aussi dirigé les Finances. Il a  été le gouverneur de la banque centrale du pays, et a travaillé pour le Fonds monétaire international. Anglophone, il fait toutefois valoir, dans un tract de campagne, qu'il «comprend les préoccupations» de l'Afrique francophone et assure qu'il a entrepris d'apprendre le français.

Thomas Zondo Sakala, 60 ans, représente le Zimbabwe et, plus largement, porte la candidature de toute la communauté de développement d'Afrique australe (SADC). Il est en territoire connu, puisqu'il travaillait jusqu'en octobre, date de son départ à la retraite, pour la BAD, dont il a été un vice-président. Mais sa candidature pourrait pâtir de la perception par les pays occidentaux du Zimbabwe et de son président Robert Mugabe, critiqué pour ses violations des droits de l'homme.

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