L'accord de paix au Mali signé sans les principaux groupes rebelles

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L'accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d'indépendance du pays, en 1960.

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Ahamadou CISSE, Serge DANIEL
Agence France-Presse
BAMAKO

Le gouvernement malien, des mouvements armés et la médiation internationale ont signé vendredi à Bamako l'accord de paix conclu à Alger, en l'absence des principaux groupes de la rébellion à dominante touareg, qui ont dénoncé une «signature unilatérale», devant un parterre de dirigeants africains.

Au même moment, preuve que la paix restait une perspective lointaine, des affrontements opposaient des groupes pro-gouvernementaux aux rebelles près de Ménaka (nord-est), selon une source militaire au sein de la force de l'ONU au Mali (Minusma) et la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, rébellion), sans autre détail.

L'accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d'indépendance du pays, en 1960. En 2012, cette vaste région a été transformée en sanctuaire et en base d'opérations djihadiste, jusqu'au lancement de l'opération militaire française Serval en janvier 2013.

La cérémonie a été maintenue contre vents et marées par Bamako et la médiation internationale conduite par l'Algérie malgré les violations répétées du cessez-le-feu depuis deux semaines.

Elle a rassemblé autour du président malien Ibrahim Boubacar Keïta une dizaine de ses homologues africains, dont le Zimbabwéen Robert Mugabe, président en exercice de l'Union africaine (UA), longuement applaudi, ainsi que le Nigérian Goodluck Jonathan, le Ghanéen John Dramani Mahama et le Rwandais Paul Kagame.

Étaient également présents des chefs de gouvernement et représentants de plusieurs autres pays, ainsi que les ex-présidents maliens Moussa Traoré et Dioncounda Traoré.

L'accord a été signé au nom du gouvernement par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, par trois représentants de groupes pro-gouvernementaux, ainsi que des représentants de deux organisations membres de la CMA.

Mais la CMA, dont les trois principaux groupes - le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et la branche rebelle du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) - n'assistaient pas à la cérémonie, a affirmé en début de soirée n'être «nullement concernée par la signature unilatérale» de l'accord.

Déniant dans un communiqué aux participants tout droit à parler en son nom, elle a réaffirmé qu'après avoir paraphé jeudi à Alger en «signe de bonne volonté» cet accord, deux mois et demi après Bamako et ses alliés, elle ne le signerait qu'après «des discussions (...) pour la prise en compte de ses préoccupations».

«Le Mali appartient aux Maliens»

À Alger, M. Lamamra avait assuré que le président malien était prêt à «recevoir (les rebelles) à tout moment et discuter avec eux de l'avenir du pays, de l'avenir des régions du Nord et de la mise en oeuvre rigoureuse de l'accord».

Les négociations ont été compliquées par la volonté de la médiation que les parties «s'alignent sur son agenda anti-terroriste, afin de tracer une démarcation nette entre les mouvements armés fréquentables et les mouvements armés infréquentables», a expliqué à l'AFP Yvan Guichaoua, spécialiste du Sahel.

L'accord a également été signé à Bamako par des représentants de plusieurs pays et organisations au nom de la médiation internationale, dont l'ONU, l'Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie, l'UA et l'Union européenne (UE).

Les intervenants ont félicité la médiation pour ses efforts, exhorté les parties signataires à respecter leurs engagements, les autres à le signer, et tous au dialogue.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit convaincu que l'accord «est une base solide sur laquelle construire une paix juste et durable au Mali»

À Bamako, la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie Michaëlle Jean a parlé d'«une étape essentielle pour la sécurité et la stabilité non seulement au Mali, mais dans toute la région, voire le continent».

«Le Mali appartient aux Maliens», et la paix et l'unité du pays relèvent d'eux, a lancé Robert Mugabe.

«On aurait aimé la présence de tout le monde, mais c'est important que le processus avance», a déclaré à l'AFP la secrétaire d'État chargée du Développement Annick Girardin, représentant la France.

À Bruxelles, la chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini a jugé que la signature «par la plupart des parties prenantes est une étape décisive», pressant les autres à les imiter.

Selon Yvan Guichaoua, «ce 15 mai n'est pas un jour très glorieux, mais rien n'empêche la poursuite du travail».

Les djihadistes, un temps alliés aux rebelles, ont été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali par l'opération Serval - déclencheur de l'intervention internationale, toujours en cours. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des autorités.

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