En quatre mots: délivrées de Boko Haram

Plus de 700 personnes ont échappé au joug... (PHOTO SUNDAY ALAMBA, ARCHIVES AP)

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Plus de 700 personnes ont échappé au joug de Boko Haram depuis une semaine, dont 200 filles et 93 femmes en une seule rafle, la semaine dernière.

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Le vent semble tourner pour Boko Haram, après des mois de domination terrifiante dans le nord-est du Nigeria. L'armée nigériane reprend du terrain et a délivré, depuis une semaine, 700 personnes, dont beaucoup de femmes et d'enfants. Les témoignages des captives ont bouleversé le pays. Quatre mots pour comprendre.

Nombreuses

Plus de 700 personnes ont échappé au joug de Boko Haram depuis une semaine, dont 200 filles et 93 femmes en une seule rafle, la semaine dernière. Aucune d'elles ne faisait partie des «Filles de Chibok», ces 219 adolescentes enlevées en avril 2014 dans une école dont la disparition a engendré le mouvement «Bring back our girls». Les rescapés seraient originaires de Gumsuri, près de Chibok, et auraient été capturés il y a neuf mois lors d'un raid de Boko Haram. Au cours de la dernière année, 2000 femmes et filles ont été enlevées au Nigeria par Boko Haram.

Une ex-otage de Boko Haram libérée par l'armée... (PHOTO EMMANUEL AREWA, AFP) - image 2.0

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Une ex-otage de Boko Haram libérée par l'armée nigériane est assise sur un lit au Centre médical fédéral de Yola, où elle reçoit des soins, le 5 mai. 

PHOTO EMMANUEL AREWA, AFP

Esclaves

Quelque 275 femmes et enfants ont été transférées au camp de Malkohi, près de la ville de Yola. Plusieurs souffrent de malnutrition sévère. «Nous recevions du maïs séché l'après-midi», a raconté une femme à l'agence Reuters. «Ils ne nous permettaient pas de bouger d'un pouce», a dit une autre. En entrevue avec la BBC, des femmes ont raconté que les miliciens ont tenté de se débarrasser d'elles lorsque des hélicoptères de l'armée nigériane ont survolé la région, en les vendant environ 2000 nairas (environ 10$). Quand les femmes ont refusé de fuir avec les combattants islamistes, ceux-ci ont commencé à les lapider. «J'ai plaqué mon bébé sur mon ventre pour le protéger», a raconté une survivante à l'Associated Press. Plusieurs femmes et enfants sont également morts lors de l'intervention de l'armée.

Un nouveau-né qui a vu le jour en... (PHOTO AFOLABI SOTUNDE, ARCHIVES REUTERS) - image 3.0

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Un nouveau-né qui a vu le jour en captivité alors que sa mère était otage des miliciens de Boko Haram dort dans la clinique d'un camp de réfugiés à Yola, le 3 mai.

PHOTO AFOLABI SOTUNDE, ARCHIVES REUTERS

Enceintes

Bon nombre des femmes rescapées sont enceintes. L'une d'elles avait été capturée avec son mari. «Quand ils [les combattants] ont réalisé que j'étais enceinte, ils ont dit que j'avais été fécondée par un infidèle [son mari] et ils l'ont tué», a raconté Lami Musa, 27 ans, à la BBC. Elle s'était fait dire qu'elle serait mariée au commandant dans la semaine qui suivrait son accouchement. «J'ai accouché la nuit, et l'armée est arrivée au matin pour nous délivrer.»

Camp

Joint hier à Abuja, le photographe Afolabi Sotunde, qui a visité le camp de Malkohi la semaine dernière, témoigne d'un «sentiment horriblement indescriptible» de ce que ces femmes ont enduré. «Imaginez une femme de 25 ans, mère de neuf enfants, qui se fait kidnapper et emmener pendant plus de cinq mois dans la forêt, sans nourriture ni médicaments.» Tout le pays est choqué par cette histoire, dit le photographe. Des femmes ont révélé que Boko Haram est affaibli par les frappes de l'armée dans le nord-est du pays et manque d'armes, de munitions et d'essence. «Bientôt, prédit Afolabi Sotunde, on verra un changement dans cette région du Nigeria.»

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