Niger: 46 soldats et 28 civils tués dans une attaque de Boko Haram

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Ces pertes constituent l'un des revers les plus sanglants pour la coalition régionale composée du Tchad, du Niger, du Nigeria, du Cameroun et du Bénin et active depuis quatre mois contre Boko Haram.

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Agence France-Presse
Niamey

Quarante-six soldats nigériens et 28 civils ont été tués samedi dans l'attaque menée par les islamistes de Boko Haram contre une position de l'armée du Niger sur le lac Tchad, a annoncé mardi le ministre nigérien de l'Intérieur.

Ces pertes sont les plus lourdes subies par le Niger depuis que le pays est entré en lutte contre le groupe armé nigérian début février.

«Le bilan provisoire est le suivant: côté forces de défense et de sécurité, 46 morts, 9 blessés et 32 disparus» alors que «28 habitants de l'île ont été assassinés», a déclaré Hassoumi Massaoudou, de retour de l'île de Karamga, où l'assaut s'est tenu.

Un deuil national de trois jours sera observé à partir de mercredi «sur toute l'étendue du territoire national et les drapeaux seront mis en berne», ont annoncé les autorités nigériennes.

Le ministre de l'Intérieur, qui s'exprimait mardi soir sur la radio publique, a également fait état de «156 terroristes tués», dans le premier bilan officiel communiqué par Niamey.

Une source sécuritaire tchadienne avait mentionné lundi 48 soldats tués et 36 portés disparus.

Ces pertes constituent également l'un des revers les plus sanglants pour la coalition régionale composée du Tchad, du Niger, du Nigeria, du Cameroun et du Bénin et active depuis quatre mois contre Boko Haram.

Les États-Unis, qui se sont dit plusieurs fois disposés à accroître leur appui matériel à l'armée du Nigeria et encouragent les pays de la région à lutter contre Boko Haram, ont condamné mardi cette attaque «barbare».

Karamga, attaquée samedi à l'aube par des islamistes, a depuis lors été reprise par l'armée nigérienne, a affirmé M. Massaoudou.

«Nous avons vu le désastre, le village a été totalement dévasté. Nous avons aussi vu les traces des combats, nos hommes se sont battus avec héroïsme. Nous avons pu constater la tragédie qui s'est opérée ce jour là», a raconté le ministre.

«Le gouvernement du Niger et le peuple nigérien sont particulièrement horrifiés par cette ignominie», a-t-il ajouté.

«Acte ignoble»

Des opérations de ratissages «avec des moyens terrestres et aériens» sont en cours pour retrouver les soldats portés disparus et «rechercher et mettre hors d'état de nuire les auteurs de cet acte ignoble dont la cruauté est sans égale», a poursuivi Hassoumi Massaoudou.

«Il s'agit pour nous de ne pas donner de répit à Boko Haram», a commenté le général Seïni Garba, chef d'état-major des armées du Niger, filmé par la télévision publique depuis Diffa, la capitale du sud-est nigérien, frontalier avec le nord-est du Nigeria, considéré comme le fief des islamistes.

«Il ne faudrait pas que cette action de Boko Haram entame notre détermination», a lancé l'officier, ajoutant que «Boko Haram ne peut pas gagner» contre la coalition régionale.

Après l'assaut donné contre la position de l'armée nigérienne, les éléments de Boko Haram «ont retourné leurs armes contre les habitants», «visant les têtes» de ceux qui s'étaient jetés à l'eau pour leur échapper et «brûlant vivants beaucoup de résidents dans leurs maisons», a raconté lundi à l'AFP Umar Yerima, un pêcheur nigérian qui vivait sur cette île.

Aucune attaque importante de Boko Haram n'avait été recensée depuis plus d'un mois au Niger, où le groupe armé nigérian avait multiplié les assauts en février.

«Les risques de survenance d'attentats sont même très réduits du fait de l'élimination de tous les acteurs potentiels», avait assuré mi-mars à l'AFP Mohamed Bazoum, un proche du président nigérien Mahamadou Issoufou.

«La situation est totalement sous contrôle» au Niger, «il n'y a plus de chance que Boko Haram prenne une ville, même sur le lac Tchad», une importante surface d'eau partagée entre Tchad, Cameroun, Nigeria et Niger, avait-il assuré.

Karamga avait déjà été attaquée le 20 février par le groupe islamiste. Sept soldats nigériens et 15 combattants islamistes, ainsi qu'un civil, avaient été tués, selon un bilan officiel. 

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