Un policier tué dans un attentat jihadiste au Caire

Le policier a été tué sur le coup... (PHOTO Mohamed Abd El Ghany, REUTERS)

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Le policier a été tué sur le coup et deux personnes, le chauffeur d'un minibus et une passante, ont été blessées, a annoncé à l'AFP le porte-parole du ministère de la Santé.

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Agence France-Presse
Caire

Un policier égyptien a été tué dimanche par l'explosion d'une bombe visant une guérite de la police à l'entrée d'un pont dans le centre du Caire, un attentat revendiqué par un groupe jihadiste.

En fin de matinée, la bombe a littéralement déchiqueté un policier de faction à l'entrée du pont du 15 mai, qui enjambe le Nil pour mener sur l'île de Zamalek, un quartier huppé du centre du Caire, selon des responsables de la police. L'engin, dont on ne sait s'il a été lancé ou s'il était dissimulé, visait une guérite de policiers chargés de réguler le trafic, a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.

Le policier a été tué sur le coup et deux personnes, le chauffeur d'un minibus et une passante, ont été blessées, a annoncé à l'AFP le porte-parole du ministère de la Santé.

Le groupe extrémiste islamiste Ajnad Misr (les soldats de l'Égypte) a revendiqué l'attentat quelques heures plus tard sur son compte Twitter, assurant qu'il avait visé les «forces criminelles».

Les attentats visant les forces de l'ordre sont fréquents en Égypte depuis que l'armée a destitué et arrêté en juillet 2013 le président islamiste Mohamed Morsi. Ces attaques sont généralement revendiquées par des groupes jihadistes qui disent agir en représailles à la très sanglante répression qui s'est abattue sur les partisans de M. Morsi.

De petites bombes rudimentaires explosent quotidiennement au Caire depuis des mois, ne provoquant la plupart du temps que des dégâts minimes.

Certains engins plus puissants ont déjà tué des policiers dans la capitale, parfois des officiers, mais les attentats les plus meurtriers sont perpétrés dans le nord du Sinaï, la péninsule frontalière avec Israël et le territoire palestinien de Gaza. C'est le bastion d'Ansar Beït al-Maqdess, un groupe d'insurgés jihadistes ayant fait allégeance à l'État islamique (EI) en novembre 2014 en se rebaptisant Province du Sinaï.

Jeudi, au moins 15 soldats et deux civils ont ainsi péri dans le nord-Sinaï dans cinq attaques coordonnées visant des postes de contrôle routier, revendiquées le lendemain par Province du Sinaï.

Ansar Beït al-Maqdess (les Partisans de Jérusalem en arabe) a été fondé en 2011 d'abord pour attaquer à coups de roquettes le territoire d'Israël voisin. Il affirme maintenant vouloir établir dans le Sinaï une «province» du «califat» proclamé par l'EI en Irak et en Syrie.

Ces jihadistes assurent agir en représailles à l'implacable répression visant les islamistes depuis la destitution de M. Morsi.

Selon le nouveau pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, l'ex-chef de l'armée tombeur de M. Morsi, plus de 500 policiers et soldats ont été tués dans des attentats et attaques depuis 2013, essentiellement dans le nord-Sinaï.

Dans le même temps, soldats et policiers ont tué plus de 1400 manifestants pro-Morsi et emprisonné plus de 15 000 partisans du premier président élu démocratiquement en Égypte. Des centaines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expédiés en quelques minutes et qualifiés par l'ONU de «sans précédent dans l'Histoire récente» du monde.

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