Afrique: des dirigeants se réuniront pour contrer Boko Haram

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Des soldats nigérians inspectent un bâtiment qui a servi de quartier général au groupe islamiste Boko Haram, à Bama, fin mars.

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Agence France-Presse

Les dirigeants d'Afrique de l'Ouest et centrale vont se réunir mercredi en sommet à Malabo pour adopter une «stratégie commune de lutte» contre le groupe islamiste nigérian Boko Haram, a annoncé dimanche l'organisation régionale ouest-africaine, la Cédéao.

«Devant les attaques de plus en plus nombreuses et sanglantes des intégristes contre le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Tchad, avec leurs graves conséquences sur ces pays et le risque réel de déstabilisation qu'elles induisent pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, les deux communautés économiques régionales ont décidé de faire face», précise un communiqué.

Le texte ajoute que les chefs d'État de la Cédéao et de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) se réuniront le 8 avril dans la capitale de la Guinée équatoriale «en vue de l'adoption d'une stratégie commune de lutte contre le groupe terroriste Boko Haram».

Le Nigeria a lancé début février une offensive militaire de grande envergure contre Boko Haram, avec l'aide du Tchad, du Niger et du Cameroun voisins. Cette opération régionale a permis de chasser le groupe islamiste de la plupart des localités qu'il occupait depuis plusieurs mois, dans le nord-est du pays.

Le chef d'état-major de l'armée tchadienne a même considéré, cette semaine, que «la capacité de nuisance de Boko Haram» avait été «réduite au maximum».

Cependant, selon le chef d'état-major de l'armée nigérienne, Seyni Garba, le groupe islamiste dispose encore de capacités suffisantes pour continuer à mener une «guerre asymétrique» à travers «des actions kamikazes et la pose de mines ou d'IED (engins explosifs improvisés)», d'où la nécessité d'un «ratissage» de nombreuses zones du nord-est par les forces armées, pour y déloger les dernières poches de résistance.

Les pays voisins ont beaucoup reproché aux autorités d'Abuja de ne pas assez coopérer et se sont plaints du manque de coordination entre armées sur le terrain.

Le sommet de Malabo a pour but de «présenter le mécanisme de coordination entre les présidents en exercice» de ces pays, mais aussi de déterminer «comment articuler cette stratégie au niveau opérationnel», avec pour objectif à terme «l'éradication du groupe Boko Haram», précise le communiqué.

L'insurrection islamiste et sa répression par les forces nigérianes ont fait plus de 15 000 morts au Nigeria en six ans, selon le dernier bilan de l'ONU.

Le Nigeria, gouverné par Goodluck Jonathan depuis cinq ans, vient d'élire un nouveau président, Muhammadu Buhari, ancien putschiste et général à la retraite, qui a promis de faire de la lutte contre Boko Haram et du développement économique du Nord, où pauvreté et chômage font le terreau de l'extrémisme, les priorités de son mandat.

Les présidents tchadien et camerounais, Idriss Deby et Paul Biya, tous deux très critiques vis-à-vis de M. Jonathan dans la lutte contre Boko Haram, ont chaleureusement félicité M. Buhari pour son élection, cette semaine. Le premier renouvelant son «ferme engagement à oeuvrer davantage pour la restauration de la paix» dans la région, le second assurant de sa «disponibilité constante» pour consolider les relations bilatérales - tendues ces dernières années -entre le Nigeria et le Cameroun.

M. Buhari n'étant pas investi avant le 29 mai, le président Jonathan devrait assister au sommet de Malabo en tant que président en exercice du Nigeria.

Vingt-et-un pays d'Afrique de l'Ouest et centrale devraient être représentés au sommet de Malabo, selon le communiqué.

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