Explosion à Bamako: les enquêteurs évoquent un «projet d'attentat»

Le 7 mars, la capitale malienne a été... (Photo HABIBOU KOUYATE, AFP)

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Le 7 mars, la capitale malienne a été le théâtre d'un attentat qui a visé un bar très fréquenté par les locaux et les expatriés, faisant cinq morts sur place et dans les environs: trois Maliens, un Français et un Belge.

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Serge DANIEL
Agence France-Presse
BAMAKO

Un homme a péri vendredi dans l'explosion d'une maison à Bamako, selon le gouvernement malien qui parle d'un «événement malheureux», tandis que la gendarmerie évoque la découverte d'un projet d'«attentat de grande envergure».

Le 7 mars, la capitale malienne a été le théâtre d'un attentat qui a visé un bar très fréquenté par les locaux et les expatriés, faisant cinq morts sur place et dans les environs: trois Maliens, un Français et un Belge.

Cette attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar. Les forces maliennes ont depuis tué un suspect présenté comme un des auteurs de l'attaque.

Par ailleurs, trois complices présumés ont été arrêtés. Selon des sources proches du dossier, les recherches ciblaient au total une dizaine de personnes qui seraient de «véritables terroristes organisés».

Vendredi matin, «une forte explosion s'est produite (...) dans une maison à usage d'habitation à Sirakoro Meguétana, dans la périphérie de Bamako», tuant le gardien de la résidence, un homme de 22 ans, a affirmé le porte-parole du gouvernement malien, Choguel Maïga, dans un communiqué.

Le secteur a été bouclé par les forces de l'ordre, ont constaté des journalistes de l'AFP, qui ont également vu sur place des experts de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), dont des démineurs.

Quatre personnes ont été blessées par la déflagration, qui a aussi détruit en partie la résidence et causé «d'importants dégâts sur les maisons voisines», a précisé M. Maïga.

«Des équipes sécuritaires, judiciaires et médicales ont été dépêchées sur les lieux pour situer les causes réelles de cet accident», le gouvernement assurant que «toute la lumière sera faite sur cet événement malheureux».

«Acte terroriste en préparation»

Plus alarmiste, un responsable de la gendarmerie évoque de son côté un projet d'«attentat de grande envergure» découvert par les enquêteurs après l'explosion et l'arrestation du propriétaire de la maison, un commerçant burkinabè.

Interpellé, l'homme a «commencé à donner des détails. (...) C'est un attentat de grande envergure qui se préparait» dans cette maison, a déclaré ce responsable.

«La police et la sécurité de la Minusma se sont rendues sur les lieux. Pour nous, il s'agit clairement d'un acte terroriste (qui était) en préparation» sur place, a aussi affirmé à l'AFP une source sécuritaire au sein de la mission onusienne.

Selon la police, l'explosion a été causée par la manipulation d'engins explosifs. «D'ores et déjà, les services spécialisés ont relevé dans les décombres la présence de composants explosifs dont les origines et la nature seront déterminées» ultérieurement, a précisé le porte-parole du gouvernement.

Le propriétaire de la maison faisait «commerce de composants chimiques utilisés dans l'orpaillage» et il avait «des antécédents judiciaires au Mali», a encore indiqué M. Maïga.

Selon une source sécuritaire et des riverains, le lieu de l'explosion fait face à la maison d'une ressortissante française, qui a été évacuée. Mais rien ne permettait dans l'immédiat d'affirmer qu'elle était visée.

«Nous nous interrogeons sur le lien possible entre cette maison de Sirakoro et le camp de Samanko, où des armes ont été découvertes (début mars, ndlr) avant l'attentat» du 7 mars, a affirmé le responsable de la gendarmerie.

À Gao, la plus grande ville du nord du Mali, une explosion dans un domicile privé avait tué deux personnes le 23 mars. Selon la gendarmerie, elle a été causée par la manipulation d'engins explosifs dans le but de commettre des attentats.

Les propriétaires de cette maison sont soupçonnés d'être proches du Mujao, un des groupes djihadistes ayant contrôlé pendant près de dix mois entre 2012 et début 2013 le vaste Nord malien, avant d'en être chassés en grande partie, à partir de janvier 2013, par une intervention militaire internationale toujours en cours.

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