Loi antihomosexualité: l'Ouganda a engagé une firme pour améliorer son image

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Le président ougandais Yoweri Museveni

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Agence France-Presse
KAMPALA

Le gouvernement ougandais a versé près de 175 000 euros (239 000 dollars CAN) à une firme américaine de relations publiques pour «améliorer l'image» du pays, ternie à l'étranger par le vote d'une loi antihomosexualité en 2013, a affirmé mardi un député.

Adoptée à une majorité écrasante au Parlement en décembre 2013, la loi - qui durcissait une législation rendant déjà passible de prison à vie les relations homosexuelles - avait suscité de sévères critiques de par le monde et amené plusieurs partenaires de l'Ouganda, États-Unis en tête, à geler certaines de leurs aides.

Selon l'hebdomadaire ougandais The Observer, le Parlement a été informé du contrat avec la firme américaine lors de l'examen d'une requête de budget additionnel de l'État pour l'exercice en cours, comprenant entre autres 614 millions de shillings pour payer Scribe Strategies and Advisors, entreprise américaine chargée de «soutenir l'image du pays ternie par la loi antihomosexualité».

«L'explication du ministère des Affaires étrangères à la Commission budgétaire est que le gouvernement a payé (...) une entreprise américaine pour faire du lobbying auprès d'un comité du Congrès (américain) pour améliorer l'image de l'Ouganda après le vote de la loi antihomosexualité», a expliqué à l'AFP le député Fox Odoi, un des rares opposants à la loi.

Selon The Observer, plusieurs membres de la Commission ont refusé d'approuver ladite somme. «Il est incroyable que le ministère des Affaires étrangères utilise cet argent pour toiletter l'image de l'Ouganda, alors que nous, députés, sommes contre l'homosexualité», a estimé la députée Florence Nebanda, furieuse, citée par l'hebdomadaire.

Au nom du gouvernement, le ministre de la Privatisation Aston Kajara a défendu la dépense, en rappelant qu'en septembre un hôtel américain avait refusé de réserver une chambre au président ougandais Yoweri Museveni, sous la pression de militants de la cause homosexuelle.

«Nous avons engagé des consultants pour intervenir et endiguer l'hostilité contre le président», a expliqué le ministre aux députés.

La loi controversée avait été annulée en août 2014 par la Cour constitutionnelle faute de quorum lors de son adoption. Les députés ont fait part de leur volonté de soumettre un nouveau texte antihomosexualité au Parlement, mais aucune date d'examen n'a pour l'heure été fixée.

«Le gouvernement n'aurait pas eu besoin de dépenser cet argent si notre Parlement n'adoptait pas des lois controversés qui nuisent à notre économie et à nos relations internationales», a déclaré à l'AFP Franck Mugisha, un des principaux militants de la cause homosexuelle en Ouganda.

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