L'ONU prépare un retrait progressif de ses Casques bleus au Darfour

La Minuad subit des pressions croissantes des autorités... (PHOTO ALBERT GONZALEZ FARRAN, ARCHIVES REUTERS)

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La Minuad subit des pressions croissantes des autorités soudanaises pour se retirer, alors que ses relations avec Khartoum se sont détériorées.

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Agence France-Presse
NATIONS UNIES

L'ONU va mettre au point dans les semaines qui viennent une «feuille de route» pour préparer un retrait progressif de ses Casques bleus engagés dans la force conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad), selon un rapport publié vendredi.

La Minuad subit des pressions croissantes des autorités soudanaises pour se retirer et ses relations avec Khartoum se sont détériorées.

Un premier round de discussions avec les autorités soudanaises autour du départ de la Minuad a eu lieu le 19 février et de nouvelles rencontres sont prévues en mars.

Le rapport spécial du secrétaire général Ban Ki-moon recommande «la mise au point d'ici à avril 2015 d'une feuille de route pour une stratégie de sortie».

L'objectif, précise le texte, est de «développer une stratégie de sortie qui permettrait un transfert progressif des tâches» de la Minuad au gouvernement soudanais et à une équipe de l'ONU plus réduite basée au Soudan. Les résultats de cette étude seront soumis à l'Union africaine et au Conseil de sécurité.

Le rapport souligne néanmoins les difficultés de ce transfert, qui «poserait vraisemblablement des problèmes fondamentaux en termes de financement, de sécurité et de ressources humaines».

Il relève que «dans les douze derniers mois, la situation politique et de sécurité n'a pas fait de progrès tangibles vers un règlement global du conflit au Darfour». Il y note aussi aussi une montée de la criminalité, qui menace à la fois la population locale et le personnel de l'ONU et de la Minuad.

«Au vu de cette situation, les trois priorités de la Minuad demeurent essentielles», ajoute le rapport. Il s'agit de la protection des civils, de la sécurisation de l'aide humanitaire et du soutien à un processus politique.

Il est néanmoins possible, estime le document, de rapprocher davantage les Casques bleus des «endroits où se trouvent des civils en danger». Une étude va être entreprise dans le deuxième trimestre de l'année pour définir quels effectifs peuvent être ainsi recentrés.

Le rapport rappelle que la Minuad a déjà pris des mesures pour réduire ses effectifs et les redéployer.

La mission a annoncé samedi dernier la suppression de 770 emplois civils.

Déployée depuis 2007 et forte de quelque 15 000 policiers et militaires et 4000 civils, la Minuad est l'une des plus importantes missions de maintien de la paix dans le monde.

Les tensions entre Khartoum et la mission ont émergé autour d'une demande onusienne d'enquêter sur des accusations de viols attribuées à des militaires soudanais au Darfour en octobre dernier.

Selon l'ONU, au moins 300 000 personnes sont mortes et 2,5 millions ont dû fuir les violences au Darfour depuis 2003. Le président soudanais Omar el-Béchir est réclamé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité commis dans cette région.

Ban déçu de l'échec des négociations

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré vendredi «profondément déçu» de l'échec des pourparlers de paix entre les belligérants sud-soudanais et a demandé «la poursuite des négociations».

Dans un communiqué, il «demande instamment aux deux camps de s'abstenir de toute tentative d'escalade du conflit et réaffirme qu'il n'y a pas de solution militaire».

Il rappelle aussi que le Conseil de sécurité vient d'adopter une résolution qui brandit la menace de sanctions.

Le Conseil a désormais la possibilité de geler les avoirs de ceux qui menacent la stabilité du pays, se rendent coupables d'exactions ou entravent l'aide humanitaire, et de leur interdire de voyager. Un comité doit néanmoins désigner ultérieurement les individus à sanctionner.

Les chefs des deux camps, le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, ont une nouvelle fois échoué, vendredi à Addis Abeba, à s'entendre pour sortir leur jeune pays de près de 15 mois de guerre civile.

L'organisation intergouvernementale est africaine Igad leur avait donné jusqu'au jeudi 5 mars pour parvenir à un accord. Une ultime prolongation, de quelques heures vendredi matin, n'a rien donné.

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