RDC: des milliers de réfugiés centrafricains affamés

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Depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka - à dominante musulmane, chassée à son tour en janvier 2014 - la Centrafrique a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent.

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Agence France-Presse
KINSHASA

Des milliers de réfugiés ayant fui la crise en Centrafrique souffrent de la faim et sont menacés par la malnutrition dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où ils ont trouvé refuge, a annoncé Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué.

«La majorité de ces réfugiés (...) dépend largement de la générosité de la population locale», elle-même démunie, écrit l'ONG. «L'accès à la nourriture et à l'eau potable est limité pour tous. Ces conditions de vie précaires entraînent une problématique de malnutrition et de recrudescence de maladies hydriques.»

En une semaine, MSF a hospitalisé dix enfants souffrant de malnutrition aiguë.

«Parfois, je travaille un jour pour la population locale et en échange je reçois des feuilles de manioc pour nourrir ma famille», a dit à MSF Anne Kabo, 73 ans, une réfugiée vivant en RDC avec sa famille depuis le mois de mai. «Nous mangeons ce que nous pouvons, mais on mange principalement des feuilles de manioc. Parfois, nous restons un ou deux jours sans rien à manger.»

La direction générale des migrations (DGM), un organisme public congolais, estime que, depuis décembre, environ 30 000 Centrafricains ont traversé le fleuve Oubangui pour gagner la province de l'Équateur, dans le nord-est de la RDC. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a pour sa part évalué leur nombre à 20 000.

Les réfugiés, nombreux, qui sont restés au bord du fleuve, devraient bientôt être transférés par le HCR dans un camp plus à l'intérieur des terres. «Entretemps, les besoins d'assistance humanitaire des populations réfugiées et d'accueil restent énormes», insiste MSF.

Depuis le début de ses activités dans la région, le 6 février, l'ONG a effectué 754 consultations et 72 patients ont été hospitalisés, le tout dans plusieurs centres de santé situés le long du fleuve.

Depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka - à dominante musulmane, chassée à son tour en janvier 2014 - la Centrafrique a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent.

Les milices anti-balaka qui se sont constituées contre la Séléka sont majoritairement chrétiennes.

«Les réfugiés racontent avoir été victimes d'agressions, d'enlèvements, de viols, de braquages et de menaces par des groupes armés du côté centrafricain. Néanmoins, poussés par la faim, certains choisissent de retourner en RCA en quête de nourriture», indique MSF.

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