La guerre contre Boko Haram prend une ampleur régionale

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Le Tchad, mobilisé depuis deux semaines contre les islamistes, dispose d'une armée aguerrie ayant déjà combattu les groupes djihadistes au Mali.

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Boureima HAMA
Agence France-Presse
NIAMEY

Le Parlement nigérien devrait décider lundi d'envoyer des troupes au Nigeria pour combattre l'expansion militaire de Boko Haram qui menace le Cameroun, le Niger et le Tchad, et ouvrir ainsi un deuxième front dans la guerre régionale contre les islamistes nigérians.

Cette annonce intervient alors que l'armée tchadienne a lancé mardi une grande offensive terrestre au Nigeria à partir du Cameroun voisin, reprenant aux islamistes après de durs combats la localité nigériane frontalière de Gamboru.

Mercredi, Boko Haram a ensuite mené une contre-attaque meurtrière à Fotokol, localité camerounaise frontalière. Treize militaires tchadiens, six soldats camerounais et 81 civils ont péri dans cet assaut, a annoncé Yaoundé jeudi.

Côté Niger, «le Parlement va se réunir dès lundi à la demande du président de la République pour autoriser l'envoi de troupes dans ce pays voisin», a déclaré à l'AFP le bureau du Parlement, sans fournir de détails sur l'ampleur du dispositif ni sur la date de son déploiement.

«Le Niger va effectivement envoyer des troupes au Nigeria dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. L'Assemblée nationale se réunira en principe lundi pour adopter une résolution dans ce sens», a confirmé une source gouvernementale.

La majorité des députés étant favorables au chef de l'État Mahamadou Issoufou, cette mesure devrait aisément passer. Contacté par l'AFP, un parlementaire de l'opposition a en outre déclaré «ne pas être a priori contre l'envoi» de troupes au Nigeria.

Paris fournit carburant et munitions

De mois en mois, l'armée nigériane n'a cessé de reculer face aux islamistes.

La guerre contre Boko Haram, qui a pris le contrôle de vastes territoires du nord-est du Nigeria et menace les pays voisins, prend une ampleur régionale. Le Niger devrait rejoindre le Cameroun, engagé depuis plusieurs mois dans son extrême nord, et le Tchad, mobilisé depuis deux semaines contre les islamistes, et qui dispose d'une armée aguerrie ayant déjà combattu les groupes djihadistes au Mali.

Des dizaines d'experts africains et occidentaux participent depuis jeudi à Yaoundé à une rencontre «cruciale» pour le déploiement d'une force africaine de 7500 soldats

Il s'agira notamment de finaliser les «stratégies de combats contre la secte Boko Haram (...) et d'élaborer "l'opérationnalisation" de la force multilatérale», a souligné le ministre camerounais de la Défense Edgar Alain Mebe Ngo'o.

Depuis Paris, le président François Hollande a déclaré que la France soutenait «de façon logistique et opérationnelle» par la fourniture de carburant et munitions les troupes engagées contre Boko Haram, appelant la communauté internationale à «faire (son) travail» et à passer à «l'action».

De part et d'autre du lac Tchad

Très volontaire, N'Djamena a déployé des troupes de part et d'autre du lac Tchad. Au sud, elles ont rejoint les forces camerounaises dans la zone de Fotokol, où elles se battent actuellement sur les sols camerounais et nigérian.

Elles ont aussi contourné le lac par le nord pour rentrer au Niger, où elles se trouvent depuis une semaine : d'abord à N'Guigmi, une ville proche de la frontière tchadienne, puis depuis lundi dans la région de Bosso, frontalière avec le Nigeria, où des centaines de véhicules et de chars sont arrivés.

Fotokol et Gamboru se trouvent à environ 200 km à vol d'oiseau de Bosso, au sud du lac Tchad, tandis que Bosso se trouve à l'ouest du lac.

Le ministre de l'Intérieur nigérien Massaoudou Hassoumi avait annoncé fin décembre «la plus grande opération militaire jamais montée au Niger» du côté de Diffa, à moins de 100 km de Bosso, afin de «faire face à toute éventualité», et qui s'était traduite ensuite par l'arrivée de nombreuses troupes.

Bosso, comme Diffa, n'est séparée du Nigeria que par une rivière frontalière, la Komadougou Yobé.

Les eaux de cette rivière ayant fortement baissé et s'étant même «retirées à différents endroits», l'armée tchadienne a «des possibilités de se frayer des chemins» et de la traverser, a estimé une source sécuritaire, interrogée par l'AFP.

Entre Bosso et Fotokol, les islamistes tiennent notamment la ville commerciale de Baga sur les rives nigérianes du lac Tchad, qui abritait jadis une base de la force multinationale. Mais au cours de leur offensive très meurtrière pour les civils le 3 janvier, les islamistes n'avaient pas rencontré de résistance, car, en raison de différents avec Abuja, les soldats tchadiens et nigériens s'étaient retirés de Baga.

L'insurrection de Boko Haram, qui affiche sa proximité idéologique avec Al-Qaïda et l'organisation État islamique, a fait plus de 13 000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria depuis 2009.

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