Somalie: un attentat près de la présidence fait au moins cinq morts

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«Cinq personnes ont été tuées dans l'attaque, dont trois gardes de sécurité. L'assaillant au volant d'une voiture bourrée d'explosif a visé le portail de l'hôtel, mais n'a pu pénétrer à l'intérieur.

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Agence France-Presse
MOGADISCIO

Au moins cinq Somaliens ont été tués jeudi à Mogadiscio, à la veille d'une visite du président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'un attentat-suicide visant un hôtel abritant des membres de la délégation turque, près de la présidence somalienne.

Les autorités turques ont assuré que la visite du président Erdogan vendredi en Somalie était maintenue et qu'aucun membre de la délégation turque n'avait été blessé dans l'attaque, revendiquée par les islamistes somaliens shebab.

L'attaque «a été organisée par notre groupe», a affirmé à l'AFP le porte-parole militaire des shebab, Abdulaziz Abu Musab.

«Cinq personnes ont été tuées dans l'attaque, dont trois gardes de sécurité. L'assaillant au volant d'une voiture bourrée d'explosif a visé le portail de l'hôtel, mais n'a pu pénétrer à l'intérieur. L'explosion a partiellement détruit l'enceinte», a déclaré à l'AFP Mohamed Adan, un responsable de la police.

Il n'a pas précisé si le kamikaze était comptabilisé parmi les tués.

Selon des sources somaliennes, présentes dans l'hôtel et ayant requis l'anonymat, quelque 70 membres de la délégation turque, pour la plupart des membres des services de sécurité, sont hébergés dans l'établissement, mais aucun n'a été blessé dans l'attaque.

«Il y a toujours des risques, mais la position déterminée de la Turquie ne changera pas», a assuré à Davos (Suisse), où il participe au Forum économique Mondial, le premier ministre turc Ahmet Davutoglu, interrogé sur un possible report, après cette attaque, de la visite du chef de l'État turc, attendu vendredi dans la capitale somalienne.

«Il semble qu'il y ait des victimes somaliennes, mais il n'y a pas de victimes côté turc, à l'exception d'une personne peut-être légèrement touchée par des éclats de verre lorsque les fenêtres ont explosé», a également indiqué le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.



Guérilla

Des témoins ont indiqué avoir vu la voiture se diriger à grande vitesse vers l'entrée de l'hôtel avant l'explosion.

«Je l'ai vue accélérer dans la rue principale et le conducteur a ensuite tourné vers le portail de l'hôtel SYL. Il y a eu une forte explosion, de la fumée et des éclats de métal», a raconté un témoin, Abdukadir Munin.

L'hôtel visé a abrité le 10 janvier une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'IGAD, organisation intergouvernementale d'Afrique de l'Est.

En août 2011, alors que les shebab venaient d'être chassés de la capitale somalienne par la force de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), M. Erdogan, alors premier ministre, avait été l'un des premiers dirigeants étrangers à effectuer une visite à Mogadiscio en deux décennies.

Il avait alors annoncé la réouverture de l'ambassade turque. La Turquie joue depuis un rôle très actif en Somalie, notamment dans le domaine humanitaire et de la reconstruction. Des entreprises turques gèrent également le port et l'aéroport de Mogadiscio.

La Somalie est plongée dans le chaos et la guerre civile depuis la chute en 1991 du régime autoritaire du président Siad Barre. Le pays est depuis privé de véritable autorité centrale et livré aux milices de chefs de guerre, aux gangs criminels et aux groupes islamistes.

Face à la puissance de feu très supérieure de l'AMISOM - dont les effectifs ont été portés en janvier 2014 à 22 000 hommes -, les shebab, liés à Al-Qaïda, ont été contraints depuis 2011 d'abandonner progressivement la quasi-totalité de leurs bastions du Centre et du Sud somaliens dont ils contrôlèrent un temps la majeure partie et dont ils tiennent toujours de vastes zones rurales.

En difficulté sur le terrain militaire, ils ont progressivement abandonné le combat conventionnel pour les actions de guérilla et les attentats-suicides, notamment à Mogadiscio, visant récemment des cibles à fortes valeurs symboliques, très sécurisées.

Le 4 janvier, ils ont revendiqué un attentat-suicide qui a fait quatre morts et visaient l'aéroport de Mogadiscio, un site très protégé qui abrite notamment le QG de l'AMISOM, des représentations étrangères et des bureaux de l'ONU.

Le 25 décembre dernier, un commando shebab vêtu d'uniformes militaires somaliens était parvenu à s'introduire dans le QG de l'AMISOM, tuant au moins quatre personnes avant d'être neutralisé.

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