Burundi: l'armée intercepte des rebelles infiltrés depuis la RDC

Selon Anselme Nsabimana, le gouverneur de la province... (Photo ESDRAS NDIKUMANA, Archives AFP)

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Selon Anselme Nsabimana, le gouverneur de la province de Cibitoke où se déroulaient encore les affrontements en fin d'après-midi à une cinquantaine de km au nord de la capitale Bujumbura (sur la photo), au moins huit combattants avaient déjà été tués à 13h00 locales.

Photo ESDRAS NDIKUMANA, Archives AFP

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Esdras NDIKUMANA
Agence France-Presse
BUJUMBURA

De violents affrontements ont opposé mardi les forces de l'ordre burundaises à un groupe armé non identifié en provenance de République démocratique du Congo (RDC), nouveau signe de tensions croissantes dans le petit pays d'Afrique des Grands Lacs à six mois de l'élection présidentielle.

Selon Anselme Nsabimana, le gouverneur de la province de Cibitoke où se déroulaient encore les affrontements en fin d'après-midi à une cinquantaine de km au nord de la capitale Bujumbura, au moins huit combattants avaient déjà été tués à 13h00 locales. Les forces de l'ordre ne déploraient selon lui à ce stade aucune perte.

Toujours d'après le gouverneur, le groupe armé, «non encore identifié», mais composé de «dizaines» d'hommes, «est entré au Burundi» dans la nuit de lundi à mardi. Sur place, des habitants ont eux parlé de quelque 200 combattants.

«Les gens qui ont vu ce groupe ce matin disent qu'ils sont entrés au nombre d'environ 200, armés de fusils et de lance-roquettes», a expliqué par téléphone à l'AFP un enseignant de Murwi, localité frontalière par où sont entrés les combattants au Burundi.

Les affrontements, qui se sont par la suite déroulés dans la commune de Bugunda, ont été confirmés par le porte-parole de l'armée, le colonel Gaspard Baratuza. Ce responsable militaire a reconnu que les combattants étaient entrés en nombre, mais a refusé de rentrer dans les détails des affrontements.

Des milliers de civils ont fui Bugunda pour se réfugier dans des localités voisines, selon des responsables administratifs locaux, qui ont par ailleurs fait état de l'arrestation de plusieurs assaillants.

La Kibira, ex-sanctuaire de rebelles

Cette zone frontalière a été le théâtre depuis début 2014 de plusieurs incidents -toujours de moindre ampleur- impliquant des rebelles burundais en provenance de RDC.

Ces attaques, qui visaient généralement des positions de l'armée, avaient été systématiquement revendiquées par une branche dissidente des Forces nationales de libération (FNL, ex-rébellion hutu devenue parti d'opposition). Ce groupe a cette fois-ci nié toute implication.

Cette fois, les assaillants n'ont pas visé une position militaire, mais ils ont été interceptés, sur les indications de la population, alors qu'ils tentaient de rejoindre la forêt de la Kibira, plus en profondeur dans le centre-nord du pays, selon le porte-parole de l'armée.

La Kibira court sur les sommets de la crête Congo-Nil partageant le Burundi du nord au sud et a toujours servi de sanctuaire aux groupes armés pendant la guerre civile, en particulier à la guérilla hutu en lutte contre l'armée alors dominée par la minorité tutsi.

La recrudescence des violences armées à l'approche des élections prévues fin juin inquiète au Burundi.

L'histoire du petit pays d'Afrique des Grands Lacs est jalonnée de massacres ethniques entre majorité hutu et minorité tutsi, et le pays a connu une sanglante guerre civile entre 1993 et 2006. Les précédentes élections de 2010, boycottées par l'opposition, avaient débouché sur des violences.

L'inquiétude est d'autant plus vive que les tensions sont depuis plusieurs mois très fortes sur le plan politique.

Opposition et société civile, qui accusent l'actuel président Pierre Nkurunziza de chercher à briguer un troisième mandat de façon inconstitutionnelle, ne cessent de dénoncer le processus de préparation des élections, dont le premier tour est fixé au 26 juin.

La communauté internationale dénonce elle aussi régulièrement une hausse des restrictions de l'espace politique, des entraves aux libertés, et l'évincement, un à un, des opposants à l'approche des élections, accusant le président Nkurunziza -- qui s'en défend --, de chercher à faire le vide autour de lui pour rester au pouvoir.

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