RDC: plus de 150 rebelles hutu rwandais se rendent avant la fin d'un ultimatum

Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR),... (Photo archives AFP)

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Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), organisation accusée d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda, ont des effectifs qui tournent autour de 1500 à 2000 combattants, selon certaines estimations.

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Agence France-Presse
KINSHASA

Cent cinquante-cinq rebelles hutu rwandais se sont rendus aux autorités dimanche dans l'est de la République démocratique du Congo, à quelques jours de l'expiration d'un ultimatum de la communauté internationale, a-t-on appris auprès de sources officielle et locale.

Ces rebelles hutu sont des membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), organisation accusée d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda, dont les effectifs tournent autour de 1500 à 2000 combattants, selon certaines estimations.

Quatre-vingt-trois combattants des FDLR se sont rendus avec 38 femmes et enfants à Buleusa, en territoire de Walikale, a annoncé à l'AFP Feller Lutaichirwa, vice-gouverneur du Nord-Kivu.

Ils se sont rendus devant des représentants de l'État, de l'ONU, de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs et de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), et devaient après aller au camp de regroupement de Kanyabayonga, à quelque 100 kilomètres de Buleusa.

«Même si c'est un pas nécessaire, il n'est pas suffisant, il n'est qu'un pas partiel et assez tardif. Nous lançons un appel solennel et urgent au leadership et à tous les combattants des FDLR: sortez de la forêt, déposez vos armes, entrez pleinement dans ce processus pacifique pour que 2015 puisse être une nouvelle année de paix et d'espoir», a déclaré Conrandie Marius, le représentant de la SADC, cité par Radio Okapi, parrainée par l'ONU.

Dix-sept autres combattants étaient encore «en route» dimanche matin, car ils devaient accompagner d'autres «dépendants» (femmes et enfants) à Buleusa, a précisé M. Lutaichirwa, qui revenait avec d'autres responsables de la localité située à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Les 83 combattants étaient «tous en tenue civile» et ont remis «37 armes, dont 4 armes lourdes», selon M. Lutaichirwa. Il y aura une «identification» des anciens rebelles pour déterminer s'il figure parmi eux des chefs.

Soixante-douze rebelles et 168 femmes et enfants se sont par ailleurs rendus à Burhinyi, une localité du territoire de Mwenga située à environ 80 kilomètres de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, selon un membre de la Société civile (organisation qui regroupe des associations, ONG et syndicats) qui a assisté à la reddition. Plus tard, les ex-rebelles des deux Kivus doivent être transférés vers Kisangani, capitale de la province Orientale, où sont cantonnés d'autres membres des FDLR ayant déposé les armes.

La communauté internationale, dont les États de la région, avaient donné aux FDLR - y compris à leurs chefs - jusqu'au 2 janvier pour se rendre, sans quoi ils s'exposeraient à des attaques de l'armée congolaise et des Casques bleus de la Mission de l'ONU (Monusco).

Le 30 mai, 97 membres des FDLR s'étaient rendus dans le Nord-Kivu, donnant le coup d'envoi d'un processus de démobilisation de ce groupe armé. Le 9 juin, 83 autres combattants s'étaient rendus dans le Sud-Kivu. Mais depuis, le processus était au point mort.

Opposées au régime du président Paul Kagame, au pouvoir à Kigali depuis la fin du génocide, les FDLR sont particulièrement actives dans les Kivus, où elles sont accusées de commettre de graves exactions contre les civils (viols, meurtres, pillages, enrôlements d'enfants-soldats).

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