Premier scrutin démocratique en Tunisie

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Des employés tunisiens déplacent des boîtes qui contiendront des bulletins de vote, une première dans l'histoire de la Tunisie.

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Demain, 5,3 millions de Tunisiens sont appelés à défier de récentes menaces djihadistes et à se rendre aux urnes. Pour la première fois de leur histoire, ils désigneront un président lors d'un scrutin démocratique. Dans ce deuxième tour de l'élection présidentielle, deux candidats s'affrontent, portant chacun les aspirations d'une Tunisie de plus en plus divisée. Portraits croisés des finalistes.

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Béji Caïd Essebsi 

Photo Zoubeir Souissi, Reuters

Béji Caïd Essebsi

> Nom: Béji Caïd Essebsi

> Naissance: 29 novembre 1926 (88 ans)

> Lieu d'origine: Sidi Bou Saïd, un des plus beaux villages portuaires tunisiens, près de Tunis

> Études: Licence de droit obtenue à Paris

> Faits d'armes avant la révolution: Militant nationaliste, il a été ministre, diplomate et conseiller sous le président Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie postcoloniale. Il a aussi été député du parti de Zine el-Abidine Ben Ali au début de son règne.

> Faits d'armes après la révolution: Il a été premier ministre du gouvernement de transition de février à décembre 2011. Il a veillé à l'organisation de l'élection qui a mis sur pied l'assemblée constituante.

> Formation politique: Nidaa Tounes, un parti rassemblant l'opposition aux islamistes d'Ennahdha, arrivé premier aux élections législatives d'octobre

Résultats au premier tour de l'élection présidentielle: Premier avec 39,46% des voix

> Son fer de lance: Il se présente comme le candidat qui s'oppose aux islamistes. Il promet aussi de redonner un certain prestige au poste de président.

> Forces: «C'est un homme politique d'expérience et fin connaisseur du système politique tunisien, note Najib Larini, expert du monde arabe attaché à l'Université de Montréal. L'électorat qui a vécu une mauvaise expérience avec le récent gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahdha voit en lui une solution de rechange.»

> Faiblesses: «Plusieurs disent qu'il est associé au régime Ben Ali. Qu'il est mis de l'avant par les forces anciennes du régime», dit Najib Larini.

Moncef Marzouki ... (Photo Zoubeir Souissi, Reuters) - image 3.0

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Moncef Marzouki 

Photo Zoubeir Souissi, Reuters

Moncef Marzouki

> Nom: Moncef Marzouki

> Naissance: 7 juillet 1945 (69 ans)

> Lieu d'origine: Grombalia, ville vinicole près de Tunis

> Études: Doctorat en médecine de l'Université de Strasbourg en France.

> Faits d'armes avant la révolution: Sous le régime de Ben Ali, Moncef Marzouki a été l'une des principales figures d'opposition. Il a été emprisonné pour ses idées politiques et s'est battu pour les droits de la personne.

> Faits d'armes après la révolution: Il rentre d'exil en France et l'assemblée constituante, dominée par les islamistes d'Ennahdha, le nomme président de la République de manière provisoire.

> Formation politique: Le Congrès pour la République, parti laïque de gauche qu'il a fondé en 2001, mais qui a été interdit jusqu'à la révolution de 2011. Aux élections législatives d'octobre, son parti n'a obtenu qu'entre 3 et 4% des suffrages.

> Résultats au premier tour: Deuxième avec 33,43% des voix

> Son fer de lance: Il se présente comme le candidat de la révolution et s'érige comme rempart contre le retour de l'ancien régime antidémocratique.

> Forces: «C'est l'homme qui a assuré la transition politique en tant que premier président post-révolution. Il a évité les dérapages et la guerre civile», note Najib Larini, de l'Université de Montréal. Marzouki a aussi la réputation d'être un rassembleur. Laïc de gauche, il a été capable de collaborer avec le parti islamiste Ennahdha sans pour autant renier ses propres croyances.

> Faiblesses: «On attaque Moncef Marzouki sous l'angle de ses relations avec les islamistes et on lui reproche sa mollesse lors d'assassinats de personnalités politiques critiques des islamistes», indique Najib Larini.

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