La Namibie organise le premier vote électronique d'Afrique

Il y a neuf candidats pour la présidence... (Photo AFP)

Agrandir

Il y a neuf candidats pour la présidence et 96 sièges de députés à pourvoir.

Photo AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Andrew BEATTY
Agence France-Presse
WINDHOEK

La Namibie a organisé vendredi le premier grand scrutin électronique en Afrique, des élections présidentielles et législatives qui devraient être facilement remportées par le parti au pouvoir, la Swapo, malgré la pauvreté persistante 25 ans après l'indépendance.

D'autres pays du continent comme le Kenya ont instauré l'enregistrement électronique des électeurs, sans aller jusqu'au vote. En Namibie, l'opposition a été déboutée de ses recours contre ce nouveau système.

Déjà Premier ministre pendant douze ans à l'indépendance en 1990, Hage Geingob, 73 ans, redevenu premier ministre en 2012, devrait succéder au chef de l'État sortant, Hifikepunye Pohamba, qui ne peut pas se représenter après deux mandats.

Depuis l'ouverture du scrutin à 7h, de très nombreux électeurs ont été au rendez-vous, patientant calmement sous le soleil brûlant devant les bureaux de vote. Aucun incident n'a été signalé.

Des centaines d'électeurs attendant toujours leur tour en soirée dans la capitale Windhoek, le vote, censé s'achever à 19h GMT, a été prolongé dans plusieurs bureaux, selon les organisateurs.

Les premiers résultats sont attendus samedi aux premières heures et les résultats globaux pourraient tomber d'ici 19h GMT... à moins que le vote ne soit prolongé de beaucoup, entraînant des retards.

Chaque inscrit doit plonger un pouce dans de l'encre indélébile pour éviter la fraude et les doubles votes, puis s'avancer vers un appareil vert et blanc de la taille d'une grosse calculatrice où les noms et portraits des candidats défilent.

Il y a neuf candidats pour la présidence et 96 sièges de députés à pourvoir.

La Swapo a présenté une liste «zèbre» alternant un homme, une femme, pour renforcer la présence féminine à l'assemblée, tombée à 25 sur 72 sièges aux élections 2009. Mais également augmenter le nombre d'élus pour ménager les susceptibilités masculines.

«Biiiip !»: le son du terminal - une fabrication indienne - retentit dans le bureau signifiant que l'électeur a voté.

«Les plus jeunes comprennent du premier coup, mais les plus âgés ont besoin qu'on leur explique un peu», souligne le président scrutateur d'un bureau, Hertha Erastus.

Dans certains bureaux, des observateurs indépendants ont relevé d'importants délais en raison de problèmes techniques.

Environ 1,2 million de Namibiens étaient appelés aux urnes dans 4.000 bureaux de vote à travers ce pays d'Afrique australe conquis et administré par l'Afrique du Sud après la colonisation allemande et qui compte une minorité blanche en partie germanophone.

«Pays riche avec des gens pauvres»

Riche en uranium et diamants, cet immense pays semi-désertique reste marqué par de fortes inégalités et 40% des jeunes y sont au chômage.

Parmi les électeurs, il y a ceux qu'on appelle les «nés libres»: ces électeurs de moins de 25 ans, nés après l'indépendance en 1990, forment environ un cinquième du corps électoral.

L'organisation du peuple de l'Afrique du Sud-Ouest (Swapo), plus grand parti du pays, est certaine de sa victoire, malgré une montée des critiques sur la lenteur des changements et des allégations de corruption.

La question est de savoir si ce parti aura plus ou moins de 75% des voix comme en 2009.

«La Swapo va gagner. Il n'y a pas de +si+, on va gagner», a déclaré à l'AFP avant le scrutin le ministre des Affaires étrangères Netumbo Nandi-Ndaitwah.

En votant, le premier ministre affichait lui aussi sa confiance. «Nous ne sommes pas un nouveau parti mais nous avons des projets que nous allons appliquer. Nous avons dit au début que nous mettions en place la paix, l'unité et la démocratie. La deuxième étape c'est l'émancipation économique», a-t-il déclaré, dans une allusion aux revendications de redistribution des terres.

«Nous avons tout le temps les mêmes problèmes ici. C'est un pays riche avec des gens pauvres», pestait Elias, un électeur de 43 ans.

«Qu'on parle des services de santé, de médecine et d'autres, de l'éducation, le bilan est mauvais en 24 ans, très mauvais», confiait cette semaine à l'AFP un dissident du parti au pouvoir, Hidipo Hamutenya, parti former le Mouvement pour la démocratie et le progrès.

Il a accusé la Swapo d'utiliser les moyens de l'État pour sa campagne: «La démocratie style Swapo, c'est fondamentalement une blague».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer