Quand la plus célèbre marionnette d'Afrique du Sud s'attaque au racisme

Tous les mercredis, Conrad Koch qui se cache... (PHOTO DAILYMAILCO.UK)

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Tous les mercredis, Conrad Koch qui se cache sous Chester Missing assaisonne à la télévision le gratin des politiciens sud-africains à la sauce satirique, sans tabou ni limite.

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Agence France-Presse
JOHANNESBURG

Conrad Koch, le meilleur ventriloque d'Afrique du Sud et moqueur patenté, a comparu jeudi avec sa marionnette, poursuivi non pas par l'un des politiciens dont il fait la satire chaque semaine, mais par un chanteur sud-africain blanc qu'il avait traité de raciste.

La petite phrase qui a mis le feu aux poudres et déclenché une guerre des mots sur Twitter a été postée en octobre par le chanteur Steve Hofmeyr: «Désolé de vexer, mais dans les livres les Noirs ont été les architectes de l'apartheid. Allez comprendre!»

Le ventriloque a alors appelé les commanditaires du chanteur, une chaîne de supermarché et une marque de voiture, à le laisser tomber, ce dernier contre-attaquant en justice avec une plainte pour harcèlement, menaces et diffamation.

Hofmeyr est provisoirement parvenu à faire taire la marionnette sur Twitter, obtenant que le comédien n'ait plus le droit de mentionner son nom en public.

La décision en référé était examinée au fond jeudi devant le tribunal de Johannesburg brusquement transformé en scène de théâtre, Conrad Koch improvisant des gags et plusieurs dialogues entre lui et sa marionnette Chester Missing.

«On est là pour quoi?» a demandé face à la forêt de caméras le petit pantin noir vêtu de son costume croisé et de sa cravate rouge. «On est là parce que t'as dit des trucs sur Twitter», lui a répondu le marionnettiste, lui-même à la peau blanche.

«Moi? Non, c'est toi... Moi je n'écris pas mes tweets!», a répliqué le petit personnage.

Tous les mercredis, Conrad Koch qui se cache sous Chester Missing assaisonne à la télévision le gratin des politiciens sud-africains à la sauce satirique, sans tabou ni limite.



L'audience de jeudi est «importante parce qu'il faut qu'on ait le droit de parler de politique dans ce pays. Je critique tout le temps l'ANC (le parti au pouvoir, NDLR), l'EFF et la DA (deux partis d'opposition)... et il faut aussi qu'on puisse commenter l'extrême droite si on veut avoir une photographie complète de ce pays», a-t-il expliqué aux médias avant l'audience, espérant une mise hors cause.

Près de vingt ans après le droit de vote accordé à la majorité noire en 1994, le racisme demeure la grande obsession nationale. M. Hofmeyr, 50 ans, avait déjà créé la polémique par le passé en entonnant dans ses spectacles l'ancien hymne national chanté sous le régime raciste d'apartheid.

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