Mariages forcés: le Canada fait pression sur la Tanzanie

Le Canada tente discrètement de convaincre la Tanzanie à agir sur le front des... (Photo Thinkstock)

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
Ottawa

Le Canada tente discrètement de convaincre la Tanzanie à agir sur le front des mariages forcés, après la publication le mois dernier d'un rapport accablant d'un organisme des droits de la personne.

Une étude du Human Right Watch (HRW) révèle que l'absence de législation pour protéger les enfants dans le pays africain a des conséquences négatives sur les femmes et les filles, dont certaines n'avaient que 7 ans lorsqu'elles ont été mariées. Le HRW a pressé les autorités à fixer l'âge minimal des mariages à 18 ans afin d'éviter les abus sur les plus jeunes.

Le président tanzanien Jakaya Kikwete et le premier ministre Stephen Harper sont conjointement responsables de la Commission de l'information et de la redevabilité pour la santé de la femme et de l'enfant pour l'Organisation des Nations unies (ONU) depuis 2010.

M. Harper a souvent vanté les qualités du président Kikwete, qu'il présente comme son partenaire principal pour l'implantation de son plan pour la Santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

Le président tanzanien avait d'ailleurs été invité à une conférence importante sur le sujet, à Toronto, le printemps dernier, où il a partagé la scène notamment avec la milliardaire Melinda Gates, la reine Rania de Jordanie et le secrétaire-général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Il semble toutefois que, en coulisses, le premier ministre adopte un ton plus ferme avec son homologue tanzanien sur les conditions des enfants dans son pays.

Le ministre des Affaires étrangères John Baird a d'ailleurs lancé sa propre campagne onusienne pour combattre les mariages précoces et forcés chez les enfants.

«Nous avons hâte que la Tanzanie adopte une politique qui mettra fin aux pratiques discriminatoires, qui mènent à la violence contre les femmes et les filles. Le Canada continuera de travailler avec la Tanzanie et les autres pays pour faire cesser les mariages forcés», a indiqué le porte-parole du ministre, Adam Hodge.

Le président d'UNICEF Canada voit d'un bon oeil la «diplomatie en coulisses» du Canada. David Morley juge que, si M. Harper avait dénoncé publiquement le pays africain, cela aurait été «contre-productif».

«Nous ne voulons pas cela (...) Nous l'avons vu sur d'autres enjeux, comme le VIH; ces pays estiment qu'il s'agit d'une ingérence étrangère», a-t-il précisé.

Le rapport de HRW, à travers des entretiens avec 135 femmes et filles du pays, a découvert que les mariages forcés entravaient l'accès à l'éducation pour les jeunes filles, en plus de les exposer à des problèmes de santé et de violence.

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