Nigeria: le président Jonathan candidat à sa succession

«Moi, Goodluck Ebele Azikiwe Jonathan, j'ai accepté de... (PHOTO KOLAWOLE OSHIYEMI, AFP)

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«Moi, Goodluck Ebele Azikiwe Jonathan, j'ai accepté de me présenter au nom du PDP», le Parti démocratique populaire, a-t-il clamé, devant des dizaines de milliers de partisans en rouge, vert et blanc, les couleurs du parti, réunis à «Eagle square», une vaste étendue bétonnée au coeur d'Abuja.

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Ola AWONIYI
Agence France-Presse
ABUJA

Le président nigérian Goodluck Jonathan a annoncé mardi sa candidature à sa succession pour la présidentielle de février 2015, dans un contexte sécuritaire critique dans le Nord-Est où le groupe islamiste Boko Haram étend son emprise en multipliant les tueries.

«Moi, Goodluck Ebele Azikiwe Jonathan, j'ai accepté de me présenter au nom du PDP», le Parti démocratique populaire, a-t-il clamé, devant des dizaines de milliers de partisans en rouge, vert et blanc, les couleurs du parti, réunis à «Eagle square», une vaste étendue bétonnée au coeur d'Abuja. Chants, prières, discours et danses se sont relayés dès la mi-journée, en présence d'un important dispositif de sécurité.

M. Jonathan, âgé de 56 ans, dirige le pays le plus peuplé d'Afrique depuis mai 2010, date à laquelle, alors vice-président, il avait succédé à Umaru Yar'Adua, à la mort de celui-ci.

Il avait ensuite remporté la présidentielle de 2011 et, selon de nombreux experts, son parti et lui restent favoris pour le scrutin du 14 février 2015.

Celui qui avait promis de faire des questions de sécurité une de ses priorités aura pourtant du mal à défendre son bilan, au lendemain d'une nouvelle tuerie qui a fait une cinquantaine de morts parmi les élèves d'une école secondaire du Nord-Est. Dans cette région, les violences du groupe islamiste armé Boko Haram sont quotidiennes et l'armée, dépassée, est accusée d'exécutions sommaires.

Au lendemain du massacre des élèves de Potiskum, et plus de six mois après l'enlèvement des plus de 200 adolescentes de Chibok, aussi dans le Nord-Est, toujours aux mains des islamistes, les nouvelles promesses de M. Jonathan que «la guerre contre le terrorisme» finirait par être «gagnée» et qu'il ferait tout son possible pour «mettre fin aux tueries et aux violences» risquent d'être accueillies avec scepticisme au Nigeria.

L'insurrection islamiste, qui a débuté en 2009, a depuis coûté la vie à plus de 10 000 personnes, principalement dans le Nord-Est. Et malgré l'instauration de la loi martiale dans les trois États (Borno, Yobe et Adamawa) les plus touchés de cette région il y a un an et demi, M. Jonathan n'a pas réussi à mettre un terme aux violences.

Depuis plusieurs semaines, la situation a encore empiré : plus d'une vingtaine de villes et villages sont tombés aux mains de Boko Haram, qui a proclamé un califat islamique.

Les autorités nigérianes avaient affirmé mi-octobre avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram, prévoyant notamment la libération des captives de Chibok.

Mais dans une vidéo obtenue dimanche par l'AFP, Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, dément une nouvelle fois avoir passé un tel accord et va même jusqu'à menacer de tuer l'homme qui s'était présenté comme le négociateur du groupe avec les autorités d'Abuja.

De grandes chances d'être réélu

Dans un pays où les quelque 170 millions d'habitants sont répartis entre un Nord majoritairement musulman et un Sud chrétien, selon les experts, les violences au nord n'affectent cependant pas forcément l'électorat de M. Jonathan, qui se trouve surtout dans le sud, dont il est originaire.

Aussi, le parti au pouvoir a pour habitude de mobiliser d'importants fonds publics pour la réélection de ses élus, et d'être le mieux organisé. Ce qui explique sa position de favori malgré un bilan difficile à défendre, autant sur les questions sécuritaires qu'économiques, dans la première puissance pétrolière d'Afrique, gangrénée par la corruption, où l'immense majorité des habitants vit toujours avec moins de 1,50 $ par jour.

L'annonce de la candidature de M. Jonathan, révélée par un de ses proches collaborateurs aux médias le mois dernier, n'a été une surprise pour personne.

Après avoir reçu le soutien unanime des cadres dirigeants de son parti, il avait déjà lui-même révélé avoir retiré un formulaire de candidature et réglé les 132 000 $ de frais d'inscription au PDP.

Ces derniers mois, cette candidature avait pourtant provoqué une crise majeure au sein du parti présidentiel, que de nombreux gouverneurs et députés ont quitté pour rejoindre l'opposition.

Aujourd'hui, le PDP semble avoir réglé ses différends et soutenir effectivement son chef.

Face à lui, deux personnalités ont déjà annoncé leur candidature aux primaires du Congrès progressiste (APC), le principal parti d'opposition : l'ancien dirigeant Muhammadu Buhari et l'ex-vice-président Attiku Abubakar.

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