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Maroc: mariée à son «violeur», elle est «défigurée» pour avoir demandé le divorce

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Cette histoire rappelle celle de la jeune Amina Al-Filali qui, à 16 ans, avait été contrainte d'épouser son violeur, soulevant l'indignation des femmes marocaines.

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Agence France-Presse
RABAT

Une mineure qui avait été contrainte d'épouser son «violeur» l'an dernier a été violemment agressée par cet homme parce qu'elle venait de demander le divorce, ont rapporté mardi des médias marocains.

«Forcée d'épouser son violeur» il y a un an, Khaoula, 17 ans, a été agressée samedi dernier à Marrakech à l'aide d'une «lame de rasoir» après avoir «demandé le divorce», selon le site de l'hebdomadaire Tel Quel, qui cite un responsable local de l'Association marocaine des droits de la personne (AMDH, indépendant).

Selon la même source, elle a été hospitalisée et souffre «de multiples entailles», qui l'ont «défigurée» et ont nécessité une quarantaine «de points de suture».

Dans un reportage sur la chaîne nationale Al-Oula, un médecin de l'hôpital Ibn Tofail de Marrakech, Hassan Lagbouri, explique que la victime a reçu «une cinquantaine de coups au visage et une vingtaine sur ses mains et ses bras».

«Je te jure que personne ne t'épousera après moi», aurait clamé l'agresseur, d'après plusieurs médias.

Des ONG locales comptent aider la jeune femme à «réclamer justice», a précisé à l'AFP le responsable de l'AMDH, Omar Arbib.

Ce fait divers rappelle une affaire qui avait suscité l'émoi au Maroc et au-delà avec le suicide, en mars 2012, de la jeune Amina Filali. Âgée de 16 ans, celle-ci avait été contrainte d'épouser son violeur.

À la suite de cette polémique, le Parlement a amendé en janvier dernier l'article 475 du Code pénal, qui permettait jusque-là à un violeur d'échapper aux poursuites en épousant sa victime mineure.

Les parlementaires ont en revanche échoué jusque-là à voter une loi visant à restreindre ou à interdire le mariage des mineures.

Les militants des droits des femmes réclament l'interdiction des dérogations permettant le mariage des mineures, qui a atteint 35 000 cas en 2013 contre moins de 20 000 dix ans plus tôt.

Dans leur combat, elles s'appuient sur les acquis de la Constitution de 2011, adoptée durant le Printemps arabe, qui consacre «l'égalité des droits» et exhorte l'État à oeuvrer à la parité.

Le gouvernement emmené par le Parti islamiste justice et développement (PJD) est pour sa part favorable à une interdiction pour les seules mineures de moins de 16 ans.

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