L'ambassade du Niger en Libye assiégée

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La situation sécuritaire est catastrophique en Libye trois ans après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

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Agence France-Presse
NIAMEY

L'ambassade du Niger en Libye a été assiégée de lundi à mardi au petit matin par des miliciens lourdement armés, a annoncé le ministère nigérien des Affaires étrangères, jugeant cet incident «gravissime» et «rarissime».

L'incident de Tripoli a abouti à «l'encerclement et la séquestration du personnel diplomatique, y compris l'ambassadeur», par des «groupes de miliciens incontrôlés», a affirmé à la presse Abani Sani Ibrahim, secrétaire général du ministère nigérien.

Il n'a donné aucune précision sur l'identité de ces «miliciens».

Ces derniers, roulant en «véhicules militaires» équipés de mitrailleuses lourdes, n'ont toutefois pas «exercé de violence», a assuré M. Sani Ibrahim.

Il a démenti tout lien entre cet incident et les appels réguliers du président nigérien Mahamadou Issoufou à intervenir militairement en Libye voisine, plongée en plein chaos.

L'incident serait lié à des rumeurs selon lesquelles les forces armées nigériennes auraient «pénétré dans l'ambassade de Libye» au Niger, «ce qui est faux», engendrant des «représailles» à Tripoli, a-t-il expliqué.

L'ambassadeur de Libye au Niger, Issam al-Gattous, a accusé le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale de l'avoir remplacé «par la force des armes en collaboration avec les autorités nigériennes».

M. Gattous a affirmé à la chaîne privée al-Nabaa qu'il a été empêché d'entrer à l'ambassade à Niamey par les services de sécurité nigériens.

Une source au sein du gouvernement d'Abdallah al-Theni a indiqué à l'AFP que M. Gattous avait été remplacé à son poste, mais «a refusé d'obtempérer parce qu'il soutient le soi-disant gouvernement des milices».

Une coalition de milices avait en effet pris le contrôle de la capitale libyenne en août et y a installé un gouvernement parallèle dirigé par Omar al-Hassi.

La situation sécuritaire est catastrophique en Libye trois ans après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Les ex-rebelles qui ont combattu l'ancien régime ont formé des milices sur des bases idéologiques, régionales ou politiques et font la loi dans le pays plongé dans le chaos.

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