En quatre mots: un président en exercice devant la CPI

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Le président Kenyatta a comparu devant la CPI, hier, à La Haye, aux Pays-Bas.

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Le procureur en chef de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a cherché à frapper un grand coup en portant des accusations contre Uhuru Kenyatta, l'actuel président kényan. Mais l'exercice traîne en longueur et risque de tourner court en raison des difficultés à colliger la preuve.

Violence

Les difficultés judiciaires d'Uhuru Kenyatta, qui est devenu hier le premier chef d'État en exercice à comparaître devant la CPI, sont liées à l'élection de 2007. Le président sortant, Mwai Kibaki, et son principal opposant, Raila Odinga, sont issus des deux principaux groupes ethniques du pays. Des violences éclatent sur fond d'allégations de fraude lorsque la commission électorale annonce la victoire de M. Kibaki. En quelques mois, plus de 1000 personnes sont tuées et 600 000 autres sont déplacées. Une entente de partage de pouvoir, qui prévoit la nomination de M. Odinga au poste de premier ministre, est conclue en avril, favorisant le retour à la normale dans le pays.

En 2007, les violences post-électorales auraient fait plus... (PHOTO JAMES AKENA, ARCHIVES REUTERS) - image 2.0

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En 2007, les violences post-électorales auraient fait plus de 150 morts parmi les partisans du candidat défait Rodinga.

PHOTO JAMES AKENA, ARCHIVES REUTERS

Accusation

Uhuru Kenyatta, qui a accédé à la présidence en 2013, fait face à cinq chefs d'accusation liés aux massacres survenus en 2007. À l'époque, le politicien est un proche allié du président Kibaki. Selon la CPI, le futur chef d'État a mobilisé les membres d'un gang issu de son groupe ethnique, les Kikuyu, pour se «venger» des attaques provenant de membres de l'ethnie luo, dont est issu Raila Odinga, et des Kalenjins, un autre groupe ethnique plus marginal. M. Kenyatta aurait été le principal relais entre le gouvernement et les membres du gang kikuyu, qui auraient tué plus de 150 partisans déclarés d'Odinga lors de razzias dans la vallée du Rift.

Preuve

Le procès contre le président kényan devait débuter en septembre 2013. Il a déjà été reporté à plusieurs reprises en raison des difficultés liées à la collecte de la preuve. Le mois dernier, la procureure en chef de la CPI, Fatou Bensouda, a indiqué qu'il était difficile d'aller de l'avant en raison du manque de collaboration de Nairobi et du retrait de témoins victimes, selon elle, d'intimidation. L'accusation réclamait notamment du Kenya des relevés téléphoniques et bancaires qui viendraient étayer les liens entre Uhuru Kenyatta (sur la photo) et le gang kikuyu. L'avocat du chef d'État, Steven Kay, a demandé hier que les poursuites contre son client soient abandonnées faute d'éléments probants. Aucune date n'a été fixée pour l'annonce de la décision.

Attitude

Uhuru Kenyatta avait annoncé lundi qu'il se rendrait à La Haye à titre personnel - et non comme représentant du Kenya - de manière à «ne pas compromettre la souveraineté de l'État». Le politicien, qui est appuyé par l'Union africaine, accuse la CPI d'être biaisée parce qu'elle ne poursuit, selon lui, que des dirigeants africains. Selon l'Agence France-Presse, le président s'est félicité de la tournure des événements à la sortie du tribunal, où l'attendaient plus de 200 partisans enthousiastes. «Nous sommes venus aujourd'hui, comme ils le souhaitaient, et il n'y a toujours rien», a-t-il dit en swahili.

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