Nigeria: Boko Haram contrôlerait 25 villes

Des résidants de Maiduguri accueillent avec enthousiasme des... (PHOTO TUNJI OMIRIN, ARCHIVES AFP)

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Des résidants de Maiduguri accueillent avec enthousiasme des soldats nigérians ayant récupéré un véhicule blindé aux insurgés de Boko Haram, le 16 septembre.

PHOTO TUNJI OMIRIN, ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
LAGOS, Nigeria

Les islamistes de Boko Haram ont pris le contrôle d'au moins 25 villes du nord-est du Nigeria, a déclaré l'évêque catholique de cette région, inquiet de la détérioration rapide de la situation sécuritaire.

Selon l'évêque Oliver Dashe, en un mois, 10 villes de l'État de Yobe, autant de l'État de Borno et cinq dans l'Adamawa sont tombées aux mains des insurgés, qui revendiquent la création d'un califat dans cette région.

Le Nigeria a besoin d'aide internationale pour faire face à ce problème, a déclaré M. Dashe, qui s'exprimait mercredi dans le cadre de la conférence des évêques catholiques nigérians à Warri, dans le Delta du Niger (Sud).

«En tant que Nation, nous avons presque perdu cette bataille, parce que c'est hors de contrôle», a estimé M. Dashe.

«Plus vite nous réussirons à nous rassembler en tant que Nigérians, en faisant fi de la religion, de l'ethnie, des différences régionales, culturelles, idéologiques, mieux ce sera pour nous», a-t-il ajouté.

Le gouvernement nigérian nie, pour l'instant, avoir perdu le contrôle d'une partie de son territoire au profit de Boko Haram, et dit considérer comme «vide de sens» l'affirmation d'Abubakar Shekau, le chef du groupe islamiste, selon laquelle une des villes prises le mois dernier avait été intégrée à un califat.

Il est très difficile de vérifier de façon indépendante si les insurgés ont réellement pris le contrôle de villes et de villages de cette région, quasi injoignable par téléphone. La plupart des informations proviennent des milliers d'habitants qui ont fui leur domicile vers d'autres villes.

L'armée nigériane a admis, plus tôt ce mois-ci, que l'insurrection de Boko Haram constituait une menace pour la souveraineté du Nigeria. Mais elle affirme avoir repris le contrôle de plusieurs villes.

Selon M. Dashe, le diocèse de Maiduguri, la capitale de l'État de Borno et le fief historique de Boko Haram, qu'il représente, a été entièrement dévasté par les violences liées à l'insurrection islamiste.

M. Dashe accuse le gouvernement de «quasi-inaction» face à l'insécurité croissante et d«'indifférence», alors que des jeunes hommes sont enrôlés de force dans les rangs des islamistes et des femmes sont mariées de force à des insurgés.

«Le gouvernement (...) nous a déçus et nous avons perdu toute confiance en le gouvernement et dans nos dirigeants», a-t-il conclu.




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