Écrasement au Mali: une première reconstitution bientôt livrée

L'avion d'Air Algérie, un McDonnell Douglas MD-83, avait... (Photo Reuters)

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L'avion d'Air Algérie, un McDonnell Douglas MD-83, avait décollé de Ouagadougou avec plus de 110 passagers et six membres d'équipage à destination d'Alger dans la nuit de mercredi à jeudi. Il avait disparu des écrans radar 50 minutes après son décollage.

Photo Reuters

Delphine TOUITOU
Agence France-Presse
PARIS

Deux semaines, jour pour jour, après l'accident du vol AH5017 d'Air Algérie au Mali, les premiers éléments sur les circonstances de l'écrasement vont être révélés par les enquêteurs français, qui pourraient esquisser un premier scénario de la tragédie.

Immatriculé EC-LTV, le McDonnell Douglas MD83, qui devait relier Ouagadougou à Alger, s'est écrasé dans le nord du Mali moins d'une heure après son décollage.

Après avoir annoncé que 118 personnes avaient péri dans l'accident, les autorités ont précisé vendredi dernier que deux d'entre elles n'avaient finalement pas embarqué, ramenant le bilan définitif à 116 morts dont 54 Français (pour certains binationaux), 23 Burkinabés, huit Libanais et six Algériens. Les six membres de l'équipage, tous Espagnols, ont été tuées.

L'avion, loué auprès de la société espagnole SwiftAir, s'est désintégré en s'écrasant, avec des débris dispersés sur plusieurs centaines de mètres, selon plusieurs responsables et spécialistes présents sur les lieux.

Les enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), qui organisent une conférence de presse jeudi après-midi à partir de 14h, ont jusqu'à présent tenus strictement secrètes les premières informations qui permettraient d'envisager des pistes explicatives.

Juste après l'écrasement, ils ont été désignés comme investigateurs de l'enquête technique par les autorités maliennes.

Ils ont réceptionné le 28 juillet les deux enregistreurs de vol du MD-83 accidenté, plus connus sous la dénomination de «boîtes noires».

La première, qui a enregistré les paramètres du vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc.) de l'avion, a pu être lue le jour même. Endommagée, la seconde, utilisée pour enregistrer les conversations de l'équipage dans le cockpit et leurs annonces en cabine, est vraisemblablement décryptée elle aussi.

Le BEA est l'un des seuls organismes au monde disposant d'outils et de spécialistes capables de décrypter les enregistreurs de vol, y compris lorsqu'ils ont été particulièrement endommagés.

Avion tombé à très grande vitesse

Ce point presse se tient au lendemain du retour, en France, des gendarmes français, envoyés sur la zone d'accident, dans le nord-est du Mali pour collecter notamment les restes humains à des fins d'identification des victimes.

Aux côtés d'homologues maliens, espagnols et algériens, ils ont passé une semaine à ratisser le site, proche de la ville de Gossi, à environ 150 kilomètres de Gao.

«Nous avons procédé à un peu plus de 1000 prélèvements. Scientifiquement, nous avons une forte probabilité d'identifier toutes les personnes», a assuré le colonel Patrick Touron.

Selon lui, «l'avion est tombé avec une très grande vitesse verticale, parce qu'il s'est littéralement pulvérisé». «Le choc a été quasi instantané», a-t-il estimé.

Le 29 juillet, le directeur du BEA, Rémi Jouty, avait déclaré qu'il espérait avoir un scénario de l'accident dans quelques semaines. La lecture des boîtes noires puis leur analyse sont cruciales dans un accident d'avion.

Grâce à ces enregistrements, près de 90% des accidents peuvent être expliqués.

Un avion commercial possède réglementairement deux boîtes noires, appelées en anglais DFDR (Digital Flight Data Recorder), celle qui a pu être lue dans le cas du vol AH5017, et CVR (Cockpit Voice Recorder).

Le DFDR enregistre seconde par seconde tous les paramètres sur une durée de 25 heures de vol. Le CVR, l'enregistreur de vol «phonique», comprend les conversations, mais aussi tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage. Une analyse acoustique poussée permet même de connaître le régime des moteurs.

Le BEA mène une enquête purement technique qui n'a pas pour but de rechercher et de déterminer les responsabilités pénales, du ressort de la Justice.

Sur le volet judiciaire, trois enquêtes ont été ouvertes: au Mali, en France et au Burkina Faso.




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