L'annulation vendredi par la Cour constitutionnelle d'Ouganda d'une loi antihomosexualité ayant suscité un tollé international et des sanctions américaines, n'a rien à voir avec le sommet États-Unis-Afrique, auquel participera le président Yoweri Museveni mardi, a assuré samedi le chef de l'État ougandais.

Yoweri Museveni, qui quitte Kampala dimanche pour Washington, avait promulgué cette loi en février, suscitant l'indignation jusque chez ses plus proches alliés, États-Unis en tête. Plusieurs bailleurs ont suspendu certaines de leurs aides au gouvernement ougandais et Washington a imposé en juillet des sanctions à l'Ouganda - dont des interdictions de voyage.

«Je devais aller à Washington avec la loi» toujours en vigueur, «la loi a été annulée hier (vendredi) mais il était déjà prévu que j'aille à Washington, cela n'a rien à voir avec notre voyage à Washington», a affirmé samedi M. Museveni, lors d'une conférence de presse, essentiellement consacrée à un futur recensement et à l'issue de laquelle il a répondu à quelques questions sur la loi.

Le pasteur Martin Ssempa, pourfendeur radical de l'homosexualité avait dénoncé un «avortement judiciaire» de la loi sous la pression internationale et une tentative de redorer le blason de l'Ouganda avant le sommet États-Unis/Afrique à Washington.

Le président ougandais a assuré samedi que les gels ou suspensions d'aides n'avaient pas eu de conséquences sur l'économie du pays: «Qu'est-il arrivé à l'Ouganda? Avez-vous une quelconque catastrophe? L'économie ne continue-t-elle pas de croître? »

La Cour constitutionnelle a annulé la loi au motif que le quorum exigé par la Constitution n'avait pas été atteint lors du vote et que la procédure législative était par conséquent «nulle et non avenue».

Interrogé sur la suite à donner à cette décision concernant la loi, M. Museveni a indiqué que le sujet était du ressort de son parti, le Mouvement de Résistance nationale, ex-rébellion qui l'a porté au pouvoir en 1986, et serait discuté lors de son prochain «caucus», qui réunit les parlementaires NRM et M. Museveni en tant que président du parti.

«J'appartiens à un parti politique qui s'appelle le NRM (...) Je n'ai pas eu le temps de discuter du sujet avec notre caucus. Quand nous en aurons discuté, nous vous le ferons savoir», a-t-il lancé, estimant par ailleurs qu'il n'était pas de son ressort de vérifier que la procédure législative avait été respectée lorsqu'il promulguait une loi.

«Je promulgue les lois qui me sont transmises par les personnes autorisées, pas en me basant sur la façon dont elles ont été votées», a dit le président Museveni.